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François Hollande a déjà fixé le calendrier social de la rentrée

A l'issue de la première journée de la conférence sociale, François Hollande a détaillé les points qu'il souhaite inscrire à l'agenda social de la rentrée : une rencontre sur l'apprentissage, une négociation sur le chômage de longue durée, des discussions sur l'épargne salariale et une négociation sur les IRP. Des propositions approfondies aujourd'hui lors des tables rondes.

François Hollande a déjà fixé le calendrier social de la rentrée

Quelques minutes avant de commencer son discours dans l’hémicycle du Conseil économique, social et environnemental, François Hollande était encore en pleine discussion avec les partenaires sociaux, sans réussir toutefois à convaincre la CGT et FO de participer ce matin aux sept tables rondes (lire notre article dans l’édition). En dépit de ces chaises vides, la conférence sociale se poursuit aujourd’hui autour de grands axes qu’a détaillé le Président de la République.

« Qui peut dire que les conférences sociales n’ont pas été utiles ? »

Le chef de l’Etat a d’abord rappelé son attachement aux conférences sociales : « La méthode du dialogue social a fait ses preuves ces deux dernières années, à travers la loi de sécurisation de l’emploi et la réforme de la formation professionnelle. Des accords importants ont également été signés sur la qualité de vie au travail, sur l’égalité professionnelle et sur les contrats de génération, s’est-il félicité. Quant à la réforme des retraites, elle a favorisé la reconnaissance de la pénibilité au travail. Qui peut alors dire que les deux premières conférences sociales n’ont pas été utiles ? »

Un groupe d’évaluation des contreparties aux allègements de charges

Pour cette troisième conférence sociale, François Hollande assure toujours vouloir « chercher ensemble les solutions » et fixe une première échéance relative au pacte de responsabilité : « Le pacte a été entièrement respecté du côté de l’Etat, soutient-il. Il appartient donc maintenant aux employeurs de lui donner toute son ampleur. Une dizaine de branches professionnelles seulement ont déjà adopté un programme de travail. Une vingtaine ont fixé un calendrier. Cela veut dire qu’il y a encore trop de branches qui ne se sont pas réunies pour mettre en oeuvre le pacte. Il faut aller plus vite dans les décisions d’embauches, d’investissement et de formation ».
À cette fin, le Président a demandé au gouvernement de mettre en place un groupe d’évaluation de ces négociations : « Ce groupe se réunira en septembre avec les partenaires sociaux des cinquante principales branches de notre pays, a-t-il précisé. Et je tiens à ce que tous les effets du pacte soient évalués ». 
Ce groupe d’évaluation sera aussi épaulé par le comité de suivi du CICE (crédit d’impôt compétitivité emploi), dont la compétence sera élargie à l’ensemble des aides publiques aux entreprises.

Emploi : former chaque année 500 000 apprentis

Second rendez-vous fixé à la rentrée : une rencontre entre partenaires sociaux et Etat en faveur de l’apprentissage. « L’objectif est de former chaque année 500 000 apprentis, a annoncé François Hollande. Mais il faut d’abord dresser un constat pour lever tous les obstacles et qu’ensuite une négociation s’engage : Pourquoi le statut des jeunes en apprentissages n’est-il pas plus clair ? Pourquoi le système n’est pas plus simple pour les entreprises ? Pourquoi pour l’Etat nous n’en sommes qu’au chiffre dérisoire de 700 apprentis par an ? Fixons-nous aussi l’objectif d’accueillir 10 000 apprentis pour l’Etat à la rentrée 2016 ».
L’apprentissage sera également ouvert aux chômeurs de longue durée, « quel que soit leur âge », a précisé le Président. Des chômeurs de longue durée dont la situation fera d’ailleurs prochainement l’objet d’une négociation nationale interprofessionnelle, a-t-on appris.
Pour favoriser l’embauche des seniors, les aides actuellement accordées aux contrat de génération seront doublées en cas de recrutement simultané d’un senior et d’un chômeur, a également confirmé le chef de l’Etat, reprenant ainsi les annonces du ministre du Travail le 23 juin dernier.

Négociation IRP : « Elle ne se limite pas à la question des seuils »

S’agissant de la prochaine négociation sur le dialogue social, François Hollande s’est voulu rassurant : « Elle ne se résume pas à la seule question des seuils [de mise en place des instances représentatives du personnel]. Nous pouvons avancer sur la représentation des salariés dans toutes les entreprises, sur la reconnaissance des parcours syndicaux. Et c’est pourquoi j’ai demandé au ministre du Travail de présenter un document d’orientation sur le dialogue social qu’il présentera dans les prochaines semaines », a-t-il déclaré. 

Mieux associer les cadres aux résultats de l’entreprise

Enfin, le Président n’a pas totalement renoncé à l’idée d’une réforme de l’épargne salariale : « Je souhaite que soit engagée dès la fin de cette conférence sociale une discussion sur l’épargne salariale et sur l’actionnariat salarié, avec l’objectif de mieux associer les cadres et les salariés aux résultats des entreprises, a-t-il affirmé. Il faudra également mieux mobiliser les 100 milliards de fonds qui sont déposés pour l’investissement ».

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