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Le bien-être au travail, un sujet pas toujours prioritaire

En 2013, le mal-être coûtait 11 000 euros par an et par salarié, révèle une étude réalisée par un groupe de protection sociale et un cabinet RH. Ils ont regardé l'indice du bien-être au travail. Meilleurs scores pour les secteurs de l'industrie, des banques/assurances et de l'environnement.

Le bien-être au travail, un sujet pas toujours prioritaire

La dégradation des conditions de travail peut coûter cher aux employeurs. Elle représente une perte moyenne de 24 % de la valeur ajoutée des entreprises engendrée par les coûts cachés de ce mal-être (absentéisme, accidents du travail, maladies, licenciements individuels, ruptures conventionnelles…). Au total, le manque à gagner serait de 11 000 euros par an et par salarié pour les entreprises françaises. C’est l’un des enseignements de l’étude, dévoilée le 27 mai, par le groupe de protection sociale Apicil et le cabinet spécialisé dans l’accompagnement des organisations Mozart Consulting.

Un indicateur basé sur des études statistiques

Pour quantifier ce mal-être, le cabinet s’appuie sur un indice en peu particulier : l’indice du bien-être au travail, ou Ibet. Il évalue, à partir de données statistiques nationales tirées des enquêtes Dares, de l’Insee et de la Cnam, trois types d’indicateurs : l’absentéisme (journées non travaillées pour accident du travail, maladie ordinaire, maladie professionnelle et temps de trajet) ; les sorties forcées à l’initiative de l’employeur (licenciements individuels pour faute, incapacité, invalidité et inaptitude ; ruptures conventionnelles et ruptures de contrats à l’issue de la période d’essai) et le désengagement des salariés (ruptures conventionnelles à leur initiative et non poursuite du contrat à l’issue de la période d’essai). « L’étude 2015 révèle que le taux de sorties forcées par l’employeur, ruptures conventionnelles et départs volontaires, augmente de 4 points par rapport à l’année passée », observe Victor Waknine, fondateur du cabinet Mozart Consulting. « A contrario, les salariés s’absentent moins souvent et moins longtemps. » Le niveau d’engagement des collaborateurs est, quant à lui, resté stable.

L’industrie, en tête des secteurs

Concrètement, 12 secteurs économiques sont passés au crible totalisant 18,3 millions de salariés du secteur privé. Compris entre 0 et 1 (1 étant le signe de bien-être au travail), l’Ibet médian est évalué à 0,78. Par secteur, l’industrie obtient le meilleur score avec un indice de 0,85, loin devant les secteurs de la construction et du tertiaire (respectivement 0,77 et 0,76). Dans le détail, la banques/assurance et l’environnement tirent leurs épingles du jeu (0,89 et 0,85), suivi de près par  le secteur des services à la personne (0,83) et de l’agro-alimentaire (0,82). En revanche, les services informatiques  et le commerce non-alimentaire enregistrent les notes les plus basses (respectivement 0,69 et 0,72).

Cartographie des risques sociaux

Reste aux DRH à prendre la mesure du problème. Or, c’est là que le bât blesse. « Les états-majors peuvent désormais cartographier les risques sociaux. Ils ont à leur disposition les outils permettant de proposer des actions correctives. Mais peu passe encore à l’acte », poursuit Victor Waknine. Preuve que le thème de l’engagement des salariés est le plus souvent relégué au second plan de leurs préoccupations.

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