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Mécénat de compétences : nouveau guide pratique pour les TPE/PME

Les services de Bercy ont élaboré un guide pratique du mécénat de compétences à destination des entreprises, et notamment des TPE/PME, qui souhaitent s’engager. Objectif : booster et démocratiser cette « collaboration innovante » souvent méconnue des entreprises. Elle répond pourtant en partie aux attentes des salariés sur l’impact social que doivent avoir les entreprises.

Mécénat de compétences : nouveau guide pratique pour les TPE/PME
Selon l'IFOP, 77 % des salariés en mécénat estiment que leur expérience a augmenté leur attachement à leur entreprise. © Adobe Stock

En France, le mécénat de compétences ne concernait en 2019 que 104 000 entreprises, soit 9 % d’entreprises mécènes. Et pour cause. Cette facette de l’engagement des salariés dans le monde associatif est encore mal connue des entreprises. Pourtant, le dispositif est simple : ce don en nature consiste pour une entreprise à mettre ses ressources, ses outils et son savoir-faire à disposition d’un organisme d’intérêt général.

Concrètement, les collaborateurs d’une entreprise vont mobiliser leurs compétences ou leur force de travail pendant un temps déterminé et encadré par contrat. La mise à disposition se fait sur le temps de travail du salarié. Les projets à soutenir sont multiples et variés : nouvelles solutions environnementales, lutte contre les inégalités entre les femmes et les hommes, lutte contre l’analphabétisme ou pour l’intégration des réfugiés, etc., énumère la ministre déléguée auprès du ministre de l’Intérieur chargée de la Citoyenneté, Marlène Schiappa, en préambule du guide.

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Donner du sens au travail…

Pour engager les TPE/PME, la ministre déléguées et Olivia Grégoire, chargée de l’Économie sociale, solidaire et responsable ont édité un guide d’une vingtaine de pages avec une feuille de route rappelant les étapes clés, les bonnes pratiques, des témoignages et des liens utiles. Objectif : trouver les clés pour se lancer.

« Ce ne doit pas rester l’apanage des grands groupes », espère Olivia Grégoire. Les intérêts de cette collaboration innovante entre les organisations d’intérêt général et les entreprises sont multiples, tant pour les salariés que pour ces dernières. Les salariés, qui mettent leurs compétences au service de l’intérêt général donnent un nouveau sens à leurs compétences. 57 % des salariés en mécénat estiment d’ailleurs en avoir acquis de nouvelles[*]. Cela permet également de redonner du sens au travail. Autres chiffres éloquents qui prouvent que le mécénat de compétences a des impacts positifs sur les salariés : 77 % d’entre eux notent qu’il a augmenté leur attachement à l’égard de l’entreprise et 37 % estiment ainsi que l’expérience les a remotivés dans leur travail.

Surtout, le fait de s’engager dans une association permet aux entreprises d’ouvrir une fenêtre sur la société. Lesquelles sont désormais très attendues sur leur impact social et sociétal : 97 % des salariés estiment qu’elles ont un rôle à jouer sur les questions d’intérêt général. Ce que confirme Olivia Grégoire dans le guide : « Le mécénat de compétences est un élément décisif dans la responsabilisation des entreprises et dans l’engagement des salariés […] et pour servir le lien social et citoyen ».

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…et bénéficier d’une réduction d’impôts

Au-delà de l’aspect « engagement », le mécénat de compétences permet aux salariés de faire vivre les valeurs de l’entreprise et de renforcer la cohésion des collaborateurs. Dernier avantage, et non des moindres, les conditions fiscales avantageuses. Comme pour toute action de mécénat, le « don » de compétences ouvre droit pour l’entreprise à une réduction d’impôts de 60 % du montant du salaire et des charges du salarié détaché. Cet avantage fiscal est accessible à tous les types d’entreprises, sans montant minimum de don.

En termes pratiques, le mécénat de compétences peut être réalisé sous la forme d’une prestation de service, l’entreprise s’engageant à réaliser une mission déterminée qu’elle va piloter seule au profit d’un organisme d’intérêt général. Autre forme possible, le prêt de main d’œuvre. L’entreprise met alors à disposition un ou plusieurs salariés. Dans ce cas, c’est l’organisme qui pilote la mission et qui peut faire figure d’autorité fonctionnelle.

Enfin, le temps et la fréquence du contrat varient en fonction des besoins : il peut aussi bien s’agir d’une mission courte d’une demi-journée que d’une mission plus longue voire d’un plein temps dans la limite de trois ans. Les entreprises peuvent se renseigner sur le site internet Passerelle et compétences qui met en relation des associations de solidarité ayant besoin de compétences avec des entreprises désireuses de s’engager.

[*] IFOP Opinion pour l’Alliance pour le mécénat de compétences, Baromètre du mécénat de compétences – 2ème édition – janvier 2021

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Charlotte de Saintignon

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