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Les pôles de compétitivité veulent renforcer leurs actions en faveur des PME

Un rapport d’évaluation sur les pôles de compétitivité évalue l’efficacité du dispositif et explore les pistes de perfectionnement, en direction, notamment, des TPE et PME. Explications.

Les pôles de compétitivité veulent renforcer leurs actions en faveur des PME

La mise en place des pôles de compétitivité a permis de générer, depuis 2005, une véritable dynamique en matière de soutien et de développement économique. Ainsi, rien qu’en 2011, 163 projets labellisés par les pôles de compétitivité ont été retenus pour un soutien public.
Interrogés sur l’efficacité du dispositif, les adhérents ont néanmoins permis la mise au jour, via un rapport d’évaluation*, d’un certain nombre de préconisations et notamment en direction des PME.

« Le premier message que j’aimerais faire passer, c’est que, contrairement à une idée qui a encore la vie dure, les PME sont les bienvenues dans les pôles de compétitivité , souligne Patrick Haouat, associé et gérant du cabinet Erdyn, à l’origine, notamment, de ce rapport d’évaluation. On a pu entendre qu’ils seraient la chasse gardée des grands groupes : ils sont en effet présents et, souvent, assurent des fonctions au niveau de la gouvernance des pôles, mais la moitié des membres sont des PME ! »
Ainsi, en échange de l’adhésion de base (de quelques centaines à un millier d’euros, en fonction de la taille et du chiffre d’affaires de l’entreprise), les TPE et PME peuvent bénéficier des forums et rencontres mis en place par les pôles. « Attention toutefois, précise Patrick Haouat, ce n’est pas parce qu’elles adhèrent qu’elles vont automatiquement accroître leur chiffre d’affaires. Il ne s’agit pas d’une manne : avant de recevoir, il faut d’abord donner de son temps, se faire connaître, être pertinent… ».

Aider les PME à se professionnaliser

Deuxième rôle et avantage des pôles de compétitivité pour les PME : celui d’usine à projets. « Ils permettent l’émergence, le montage et l’accompagnement de projets collaboratifs qui associent différents acteurs : souvent une grande entreprise, un ou plusieurs laboratoires de recherche et une ou plusieurs PME », détaille Patrick Haouat.
L’une des conclusions de l’étude d’efficacité des pôles ayant souligné que les actions menées l’étaient plus en direction du développement des projets que de leur mise sur le marché, les pôles de compétitivité veulent franchir la marche qui reste pour obtenir des résultats concrets. Là encore, les PME sont les bienvenues. Attention néanmoins : comme le rappelle le dirigeant du cabinet Erdyn, ces projets s’appuient sur un principe de co-financement : « même si elles bénéficient d’un financement public à hauteur de 50 %, elles doivent avoir les reins solides pour financer les 50 % restants ! »

Autre évolution à venir : la généralisation d’une pratique. Certains pôles ont en effet mis à la disposition de leurs membres un bouquet de services supplémentaires destiné à favoriser le développement d’un écosystème. Ce qui se traduit, par exemple, par « la mise en place d’un contrat de croissance visant à faire grandir les PME par différents leviers pour qu’elles deviennent des ETI (Entreprises de taille intermédiaire) : stratégie d’innovation, aide à la bonne gestion de la propriété industrielle, appui au développement commercial avec, notamment, un volet international… bref, tout ce qui peut aider les PME à se professionnaliser », souligne le cabinet Erdyn.

Enfin, si dans la première phase de leur activité les pôles de compétitivité ce sont surtout focalisés sur la recherche et le développement, attirant de ce fait davantage d’entreprises industrielles, la nouvelle phase qui s’annonce devrait concrétiser une ouverture. « Ce que nous disons, c’est que l’innovation n’est pas que technologique. Elle concerne aussi les services, les modèles économiques, les process… En conséquence, les PME non technologiques devraient trouver davantage leur place », affirme Patrick Haouat, qui conclut ainsi à leur adresse : « Intéressez-vous aux pôles de compétitivité et vous avez toutes les chances d’avoir de bonnes surprises ! »

* Basé sur une étude conduite par les cabinets BearingPoint, Erdyn et Technopolis Group-ITD entre novembre 2011 et juin 2012, avec plus de 5500 répondants parmi les adhérents des pôles.

Pour en savoir plus sur les pôles de compétitivité : http://competitivite.gouv.fr/  

Nelly Lambert
Rédaction de NetPME

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