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Le fonds de roulement et le besoin en fonds de roulement (BFR)

L'une des étapes incontournables du diagnostic d'une entreprise consiste à analyser sa structure financière afin de s'assurer que les équilibres de base sont en place. Les indicateurs clé permettant d'évaluer l'adéquation de la structure financière sont le fonds de roulement et le besoin en fonds de roulement.

Le fonds de roulement et le besoin en fonds de roulement (BFR)

Fonds de roulement et besoin en fonds de roulement, deux indicateurs clés de la situation financière

Un calcul sur la structure fonctionnelle du bilan

Afin d’apprécier l’adéquation de la structure financière, une approche classique consiste à reclasser le bilan en mettant en relation les investissements et leur financement. Le résultat permet de visualiser, d’une part, les éléments permanents, à savoir :

  • les emplois stables (c’est-à-dire les actifs mobilisés) ;
  • les ressources durables (constitués des capitaux propres et des dettes financières).

Et d’autre part, les éléments temporaires, à savoir :

  • les actifs circulants ;
  • les passifs circulants ;
  • la trésorerie.

Le fonds de roulement est alors calculé par différence entre les ressources durables et les emplois stables.

Le besoin en fonds de roulement correspond lui à la différence entre les actifs circulants et les passifs circulants.

Le bilan étant équilibré par nature, l’écart entre le fonds de roulement et le besoin en fonds de roulement correspond à la trésorerie.

Trésorerie = FR-BFR

Autrement dit, la trésorerie constitue la variable d’ajustement entre les deux agrégats de la structure financière que sont le FR et le BFR.

Les impératifs d’une structure saine

Le fonds de roulement est un indicateur de la solidité financière de l’entreprise. En effet, l’équilibre financier se caractérise par le financement des emplois long terme par des ressources long terme. C’est précisément le fonds de roulement.

L’existence d’un fonds de roulement positif permet de financer le besoin en fonds de roulement, ou tout du moins la partie structurelle du BFR.

Le BFR, un besoin de financement « structurel »

Un besoin résultant de l’activité…

Le BFR représente le besoin de financement lié au cycle d’exploitation. Il résulte de décalages de trésorerie inhérents à l’activité ; en effet, le cycle d’exploitation nécessite l’acquisition et le règlement des éléments de base (matières premières, marchandises, main d’œuvre…) avant de pouvoir encaisser les ventes.

Remarque : Le besoin en fonds de roulement dépend de la longueur du cycle (de la durée du stockage, de la durée du processus de production, des délais de paiement clients et fournisseurs…).

Il s’agit donc d’un besoin de financement structurel qui doit être couvert par une ressource durable.

… mais également une partie hors exploitation

Le BFR résulte essentiellement des opérations de production, de stockage et d’échanges commerciaux qui caractérisent l’exploitation. Mais il existe également des besoins de financement hors exploitation, tel que, par exemple, l’impôt sur les sociétés. le BFR peut donc se décomposer en deux éléments :

  • BFRE (exploitation), et
  • BFRHE (hors-exploitation).

Le BFRE se calcule de la façon suivante : stockes + clients + effets à recevoir + autres débiteurs d’exploitation – fournisseurs – effets à payer – autres créditeurs d’exploitation.

Remarque : Les autres débiteurs et créditeurs d’exploitation sont, entre autres, les dettes et créances vis-à-vis du personnel, le crédit accordé par les organismes sociaux, la TVA…

Le BFRHE se compose, quant à lui, essentiellement des postes suivants : dettes ou créances sur immobilisations, dettes ou créances d’impôt sur les bénéfices ou vis-à-vis des actionnaires.

La gestion du BFR : une nécessité opérationnelle

Compte tenu de son incidence sur la trésorerie de l’entreprise, le BFR doit faire l’objet d’un suivi minutieux. Toute négligence dans la gestion du BFR se traduit immanquablement par des frais financiers excessifs et peut même conduire à une cessation de paiements de l’entreprise.

Remarque : ce phénomène s’observe fréquemment dans des jeunes entreprises en forte croissance qui sont incapables de financer les besoins de trésorerie résultant du développement rapide de leur activité. En effet, dans ces circonstances, le volume des achats et des stockes s’accroît et nécessite un financement supplémentaire qu’une petite entreprise ne peut pas toujours mobiliser rapidement.

Une bonne gestion des stockes est le corollaire d’une production efficiente ; de même, le crédit clients fait partie intégrante de la politique commerciale de l’entreprise, tout comme la politique d’achats qui intègre nécessairement un volet « conditions de règlement ». Chaque acteur de l’entreprise doit être sensibilisé à l’incidence de son action quotidienne sur le BFR de l’entreprise (tout particulièrement les commerciaux et les acheteurs lors de leurs négociations).

Le fonds de roulement est généralement positif

Son niveau dépend toutefois en grande partie du secteur d’activité :

  • ainsi, dans les secteurs à forte intensité capitalistique comme l’industrie lourde par exemple, les actifs immobilisés sont très significatifs (contrairement au secteur des services où peu d’immobilisations sont nécessaires),
  • par ailleurs, certains secteurs (comme la grande distribution par exemple) bénéficient de conditions de règlement avantageuses, se traduisant par un BFR négatif qui permet de financer pour partie les immobilisations.

 

 

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