Interview

Anaïs Vivion, gérante de Be App, à Couëron (44)

Permettre aux petites et moyennes entreprises d’accéder aux potentialités que représentent les applications mobiles, c’est le credo de Be App. Sa co-fondatrice, Anaïs Vivion, ambitionne carrément de leur permettre de les créer elles-mêmes, facilement et pour un coût forcément plus abordable…

Anaïs Vivion, gérante de Be App, à Couëron (44)

Avec Be App, quelle est votre idée ?

Notre idée, c’est de proposer deux services : un accompagnement sur mesure et, la véritable innovation, Be App Factory.
Il faut aujourd’hui compter entre 15.000 et 30.000 euros pour le développement d’une application mobile. C’est forcément un frein pour les petites entreprises. Notre idée, c’est de démocratiser cet usage, en permettant aux internautes de créer eux-même leur appli, sans qu’il soit nécessaire d’être des geek (passionnés des nouvelles technologies, NDLR). A partir de notre plate-forme internet, ils doivent ainsi pouvoir créer facilement, et pour un coût très abordable, leur application mobile/tablette et leur site mobile, pour faire de la vente en ligne, ou bien simplement pour avoir une vitrine plus intéractive qu’un simple site internet. Cela permet aussi de mettre en place du push, du couponing, de la cartographie… Avec ce concept, on surfe sur la tendance du « c’est moins cher parce que je le fais moi-même » qui a permis l’explosion de géants comme Ikea.
La création de l’appli se fait en trois étapes. On choisit d’abord entre deux bases, mobi shop (iPhone et web app) ou mobi map (iPhone, iPad et webup). Ensuite, on intègre les données : photos, textes, points géolocalisés, coupons, offres promo… La dernière étape est consacrée au design : couleurs, template (gabarit, NDLR), avec des personnalisations possibles pour ceux qui ont des facilités.

A quoi ressemble le marché sur lequel vous vous positionnez ?

Le marché du mobile est forcément mondial. Aujourd’hui, il n’est pas tout à fait mûr car il y a encore un écart entre les habitudes des mobinautes et les entreprises qui hésitent à se positionner sur ce marché à cause du facteur prix. Mais c’est un secteur à fort potentiel qui va intéresser beaucoup de monde et qui sera sans doute mature dans trois ans, soit une évolution deux fois plus rapide que le web qui a mis dix ans à s’installer ! On est donc soumis à la loi du chronomètre : il faut être le plus rapide…
L’avantage, c’est que nos concurrents ont plutôt une approche générique, sauf un acteur nord-américain qui s’est positionné sur le secteur musical. Nous, nous avons choisi trois secteurs pour commencer : le tourisme, le commerce de proximité et enfin l’édition, même si pour ce dernier c’est un peu plus compliqué car les acteurs de ce secteur ont la culture papier : cela constitue donc pour eux un gros virage à prendre.
Nous avons la chance d’être soutenus par plusieurs partenaires : Airbus, Oséo, le conseil général de Loire-Atlantique, ou encore Atlantic Pionnières, un incubateur d’entreprises innovantes. Grâce à eux, nous avons pu développer un programme de R&D poussé, être aidés pour financer notre étude de marché, être épaulés pour faire notre business plan puis pour aller chercher des prêts bancaires : cela nous a fait gagner des mois ! Nous sommes tout à fait conscients de l’importance d’être bien entourés.
Maintenant, notre objectif est lever des fonds pour nous doter d’un plan de communication de plus d’un million d’euros. D’ici trois ans, nous voudrions que la partie offre sur-mesure prenne de moins en moins de place dans notre business model, au profit de la plate-forme Be App Factory. Notre objectif final étant d’arriver à un équilibre 30/70.

Quel est votre modèle économique ?

Nous proposons un abonnement à 50 euros par mois pour la création d’un mobishop ou d’un mobimap iPhone. Pour un site mobile, le tarif est de 7 euros par mois. A côté de cela, nous avons une offre multisupport à 100 euros par mois et enfin, une offre pro interfacée avec le site internet pour 200 euros par mois.
En fait, nous avons réorienté notre modèle économique. Ca va tellement vite dans une start-up que l’on peut être amenés à prendre des virages stratégiques en un mois ! Tous les semestres le marché du mobile évolue et il faut être capable de s’adapter. On ne peut pas se permettre de rester figés sur un modèle sous prétexte que c’était comme ça que l’on avait prévu les choses initialement… D’ailleurs, c’est justement notre force de pouvoir nous adapter très vite !

Propos recueillis par Nelly Lambert
Rédaction de NetPME

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