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Une analyse des freins au développement des jeunes entreprises

Le Conseil général de l'industrie, de l'énergie et des technologies (CGIET) vient de publier un rapport sur le développement des jeunes entreprises. Celui-ci passe en revue les réseaux d’accompagnement, l’environnement fiscal et social ainsi que les conditions d’accès au financement des jeunes structures et établit 13 recommandations pour contribuer à un meilleur développement.

Une analyse des freins au développement des jeunes entreprises

« Ce sont les entreprises jeunes, dans leur phase de croissance initiale, qui (…) créent l’emploi, génèrent une concurrence accrue, contribuent au renouvellement du tissu économique. Il est donc stratégique de s’assurer que leur plein potentiel est mis en œuvre », argue le Conseil général de l’industrie, de l’énergie et des technologies (CGIET) dans un rapport qui vient d’être rendu public.
Pour ce faire, le CGIET souligne qu’une politique de soutien à la création et au développement des entreprises doit avoir pour objectif d’aider toutes les entreprises créées à atteindre leur potentiel. Une démarche qui passe selon lui par trois relais clés : les réseaux d’accompagnement, l’environnement fiscal et social ainsi que les conditions d’accès au financement des jeunes entreprises.

Les réseaux d’accompagnement

« L’accompagnement est un facteur essentiel au succès des jeunes entreprises, au moment de leur création et au cours de leur développement ultérieur ». Deux problèmes sont toutefois relevés : le caractère multiforme des réseaux d’accompagnement en France, ainsi que les formes d’accompagnement qui peuvent être très variables d’un réseau à l’autre, du simple accueil du porteur de projet au véritable mentorat pendant une période de 18 mois à 3 ans, en passant par la formule la plus traditionnelle « de quelques heures de réunions collectives ou d’entretiens individuels, et d’un simple suivi d’activité, autour par exemple de l’édiction d’un tableau de bord ou d’un plan de financement ».
Par ailleurs, le rapport souligne le manque général de coordination, de pilotage et de suivi des acteurs de l’accompagnement, « un dispositif qui pourtant mobilise près de 200M€ de soutiens publics par an ». Si des actions, notamment territoriales (en Lorraine, en Midi-Pyrénées et dans le Nord-Pas-de-Calais, notamment), sont régulièrement engagées pour améliorer la coordination des réseaux, le résultat s’avère plutôt insatisfaisant pour le CGIET.

A la décharge des réseaux d’accompagnement, il faut dire que les besoins techniques et financiers d’appui à la création d’entreprises ne sont pas uniformes selon les projets, en fonction, de leur nature, de leur ambition et des capitaux qui leur sont nécessaires.

Sur ce sujet, le Conseil général de l’industrie, de l’énergie et des technologies préconise donc plusieurs solutions :

  • la normalisation et la coordination des interventions ;
  • le développement du parrainage et du bénévolat ;
  • la responsabilisation de tous les acteurs économiques territoriaux ;
  • le pilotage et le suivi des performances des réseaux ;
  • la meilleure diffusion des « bonnes pratiques » observées sur le territoire.

L’environnement fiscal et social

« La complexité et la volatilité de la règlementation représentent un coût fixe et un risque (…) qui nuisent aux jeunes entreprises. Les entreprises jugent prioritaires la levée de ces entraves qui sont autant de facteurs d’insécurité », note le rapport du CGIET.

Même si des mesures de simplification administratives ont été entreprises par le gouvernement, il y a encore fort à faire, estime le Conseil général de l’industrie, de l’énergie et des technologies qui soutient deux propositions du pacte PME présenté par la CGPME :

  • stopper l’inflation législative et réglementaire en gageant tout nouveau texte par la disparition d’un autre texte ;
  • adopter un principe de non rétroactivité des nouveaux textes.

Autre pistes suggérées, l’intensification des actions des grandes entreprises, tant en matière d’achat qu’en matière de « parrainage » en faveur des créations d’entreprises.

Les conditions d’accès au financement des jeunes entreprises

Le rapport du CGIET différencie le sort des micro-entreprises qui relèvent selon lui « de l’« économie de proximité », voire de l’auto-salariat » et qui « lorsqu’elles sont bien accompagnées, trouvent les financements nécessaires » des entreprises plus ambitieuses « visant un marché plus vaste, national, européen ou mondial » qui nécessitent une approche sensiblement différente sur la question du financement.

Pour ces dernières, le rapport établit les recommandations suivantes :

  • maintenir et stabiliser trois dispositifs fiscaux : la défiscalisation dont ont bénéficié ces dernières années les investisseurs, le dispositif JEI, le crédit d’impôt recherche (CIR) ;
  • favoriser l’investissement des particuliers vers les entreprises, et notamment via les business angels ;
  • élargir le champ d’intervention d’Oséo.

Source : « Le développement des jeunes entreprises » du CGIET 

Nelly Lambert
Rédaction de NetPME
redaction@netpme.fr  

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