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Entreprendre dans l’artisanat : faire de sa passion son métier

Une fois n’est pas coutume, le salon des entrepreneurs a consacré une conférence sur ceux qui choisissent d’entreprendre avec passion et excellence dans l’artisanat. Témoignages d’artisans accomplis.

Entreprendre dans l’artisanat : faire de sa passion son métier
Les artisans ont été mis à l'honneur, mercredi 5 février, lors du 27ème Salon des entrepreneurs. © Istock

Vocation initiale, reconversion, envie de concret, passion inassouvie, goût de l’indépendance, ils ont fait le choix d’entreprendre dans l’artisanat. Ils partagent leur expérience.

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Entreprendre dans l’artisanat : créer de ses mains un métier qui a du sens

« Rien de grand ne s’est accompli dans le monde sans passion ». Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d’État auprès du Ministre de l’Économie et des Finances, a cité le philosophe Hegel pour clore la conférence consacrée aux artisans. Portés par la passion commune de leur métier, Anne-Lise, Christophe et Dimitri ont choisi de venir grossir les rangs de l’artisanat (1,3 millions de Français).

Tous voulaient avoir un métier qui a du sens, créer de leurs mains, être au contact direct du produit et des clients. Comme il aime le dire, en fondant en 2010, Greenstep éco-construction bois, Christophe Vincent a fait sien le conseil de Confucius : « Choisissez un travail que vous aimez et vous n’aurez pas à travailler un seul jour de votre vie. » Bien que son entreprise ait grossi et compte 12 personnes aujourd’hui, il surfe encore sur la ligne de crête. Un équilibre « nécessaire pour se sentir vivant et connecté. »

S’il a divisé son salaire par cinq depuis qu’il est devenu artisan chocolatier, Christophe Bertrand estime aujourd’hui « être heureux avec son gros smic et faire un travail plus gratifiant ». Salarié à la Maison du Chocolat, il découvre avec délice la fabrication du chocolat et décide de reprendre une chocolaterie placée en liquidation judiciaire, à La Reine Astrid.

Entreprendre dans l’artisanat : « l’artisan est incomplet, il ne sait pas tout faire »

Après avoir vécu plusieurs vies professionnelles, Christophe Bertrand regrette de ne pas avoir été suffisamment accompagné pour mieux comprendre les arcanes du financement. « J’ai été en difficulté de trésorerie. Il ne faut pas se tromper entre trésorerie et capacité de financement. J’ai voulu avancer tout seul sans demander conseil à mon expert-comptable. Mais l’artisan est incomplet, il ne sait pas tout faire ».

Côté professionnel comme personnel, il faut être soutenu et entouré. À ses débuts Christophe Bertrand avoue s’être senti seul, n’échangeant qu’avec le cordonnier voisin et le patron du bistrot d’en face. Aujourd’hui, étant devenu secrétaire général de la Confédération des chocolatiers, il apprécie particulièrement d’échanger avec des confrères.

Même son de cloche du côté de Dimitri Rucki, fondateur en août dernier de son atelier de sellerie maroquinerie, Les ateliers Rucki.« Il y a une grande part de l’entrepreneuriat que je ne connaissais pas. Je n’ai pas eu honte de demander du soutien », concède-t-il. Mais l’important est aussi du côté de la famille et des amis. « C’est indispensable car on peut vite monter mais aussi vite descendre ».

Ce qu'il faut savoir sur le statut d'artisan
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Entreprendre dans l’artisanat : focus sur l’accompagnement des CMA

Les chambres de métiers et de l’artisanat (CMA) d’Ile-de-France viennent de lancer « les mardis de la création ». Tous les mardis matin, futurs créateurs et repreneurs peuvent se rendre dans leur CMA pour des réunions d’information gratuites et sans inscription où ils pourront identifier les bons dispositifs pour se lancer et échanger avec un expert. Elles dispensent également de la formation, individuelle et collective via « le parcours créateur ».

Cinq packs finançables par le CPF sont proposés aux artisans – créateurs. L’accompagnement individuel sur les trois premières années d’installation permet à l’artisan d’évoquer en toute confidentialité toutes les questions qu’il se pose sur la création et le développement de son entreprise. « Si le chef d’entreprise est accompagné, il a trois chances sur quatre d’être encore là dans trois ans. S’il ne l’est pas, il a seulement une chance sur deux », rappelle Samuel Cucherousset, directeur du développement à la CMA d’Ile-de-France.

Dimitri Rucki a également choisi de se faire épauler par la CMA qui l’aide à devenir entrepreneur. Anne-Lise Simonnet, qui vient tout juste de fonder sa marque de vêtements éthiques, La Sicilienne, apprécie d’avoir un coach à la CMA qui lui donne des conseils et l’aide à avancer.

Charlotte de Saintignon

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