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Une entreprise artisanale sur trois se transmet en France

Les entrepreneurs de l’artisanat se lancent à l’assaut des nouveaux marchés en croissance. C’est ce qui ressort de la dernière édition du Baromètre ISM-MAAF de l’artisanat. Il montre également la grande difficulté de transmission des entreprises artisanales.

Une entreprise artisanale sur trois se transmet en France

Seul un entrepreneur de l’artisanat sur trois parvient à transmettre son entreprise en tout ou partie. Dans l’alimentation, le chiffre grimpe à une sur deux. Le baromètre ISM-MAAF de l’artisanat fait état de la difficulté de transmission des entreprises artisanales. Sachant que dans la moitié des cas, les artisans ne cherchent pas à la transmettre : seul un artisan sur deux cessant son activité et installé depuis plus de 5 ans cherche à céder son entreprise. 71 % d’entre eux parviennent à trouver un repreneur. « La transmission est une problématique prégnante notamment pour les chefs d’entreprises qui comptent sur la revente de leur entreprise pour leur retraite ou d’autres projets personnels » commente Bruno Lacoste, directeur marketing et communication de Maaf.

La transmission aux salariés reste minoritaire

La volonté et la probabilité de transmission augmente avec la taille de l’entreprise et le nombre de salariés. Ainsi, parmi les artisans sans salarié, seuls 32 % ont cherché à transmettre et 62 % y sont parvenus. Pour les artisans employant des salariés, ces taux passent à 64 % et 75 %. Dans plus de la moitié des cas, les cédants potentiels justifient l’absence de projet de transmission par la faible valeur de l’entreprise (42%) ou la non-rentabilité de l’activité (15%), en particulier lorsque l’entreprise n’employait pas de salarié. 21 % des chefs d’entreprise ont reculé devant les difficultés à trouver un repreneur ou encore la faiblesse du retour financier. Concernant les repreneurs, dans un cas sur deux, celui-ci est externe à l’entreprise. Le cédant rencontre alors trois repreneurs en moyenne et le processus de transmission dure plus de deux ans (27 % des cas). La transmission à un salarié ne représente que 14 % des cas de transmission et près d’un tiers des transmissions sont familiales (48 % dans l’artisanat du bâtiment). In fine, les reprises d’entreprises représentant environ une installation sur dix et dans 9 cas sur 10, les entreprises se créent ex nihilo.

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Six niches de croissance pour les artisans

Le baromètre analyse également l’évolution des créations d’entreprises activité par activité et met en évidence l’émergence de nouveaux pôles de compétences centrés sur les marchés en croissance. On compte notamment six niches de croissance : l’économie verte, le manger local, le bien-être, la fabrication sur-mesure, les services aux entreprises et le numérique. Depuis dix ans, les métiers qui connaissent la plus forte augmentation en termes de créations d’entreprises sont la réparation de matériel de communication (+3 957 %), le nettoyage des bâtiments (+1 477 %), la bière artisanale (+1 030 %), la photographie (+641 %) et la forge (+600 %). Sur la seule année 2017, en nombre de créations d’entreprises, on trouve en tête de classement les taxis/VTC (11 359), le nettoyage des bâtiments (9 510), la fabrication de plats à emporter (7 580), les soins de beauté (5 490) et la photographie (4 078). « Le tissu artisanal s’adapte et évolue au gré des tendances de marchés. De nombreux entrepreneurs de l’artisanat ont ainsi investi les marchés en croissance en lien avec les nouveaux modes de consommation, de production ou de commercialisation. Ce mouvement contribue notamment à la résurgence de métiers de niche » analyse Catherine Elie, directrice des études et du développement économique de l’ISM. Avec 155 200 créations d’entreprises artisanales en 2017, la dynamique entrepreneuriale est stable pour la troisième année consécutive (+1 % par rapport à 2016). Les secteurs les plus attractifs restent les activités de services, avec des installations en hausse de 4 % en 2017. A noter enfin, le nombre de micro-entrepreneurs baisse pour la troisième année consécutive et atteint son niveau le plus bas (39 640) depuis la création du régime en 2009.

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*Les données du baromètre ISM-MAAF de l’artisanat sont issues de l’exploitation, par l’ISM, de fichiers de données nationaux (INSEE, ACOSS URSSAF, etc.) et, dans le cas présent, d’une enquête dédiée (ISM, APCMA, DGE) auprès de 1 600 artisans ayant cessé leur activité.

Charlotte de Saintignon

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