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[Dossier 2/4] : La génération Y va-t-elle révolutionner l’entrepreneuriat féminin ?

Les femmes de la génération Y sont 83% à vouloir lancer leur propre activité. Elles aspirent à un futur professionnel ayant plus de sens qu’une carrière classique mais placent la famille et leur propre bien-être avant leurs ambitions. Cette mentalité nouvelle est-elle en passe de transformer le monde des startups ? Avis d’expertes.

[Dossier 2/4] : La génération Y va-t-elle révolutionner l’entrepreneuriat féminin ?

« Les femmes de la génération Y ont une intention entrepreneuriale très forte car elles ont pris conscience qu’il n’y a, actuellement, pas assez de travail pour tout le monde » constate la netnologue Séverine Le Loarne. Le marché du travail n’est pas l’unique source de motivation des millenials qui lancent leur propre activité. C’est toute une mentalité qui change avec cette nouvelle génération de femmes. Un fait confirmé par Rachel Vanier, directrice de la communication de Station F et auteure d’Ecosystème *, un roman immergé dans l’univers startup. « Les femmes de la génération Y sont touchées par un regain d’ambition, c’est d’ailleurs un des sujets de mon livre. Les millenials ne veulent plus de carrières traditionnelles mais vont vers de nouveaux jobs qui ont plus de sens pour elles. Les femmes se révèlent, avec une volonté de changer le monde commune à tous les entrepreneurs. » D’ailleurs la moitié des femmes de la génération Y (55%) travaillent sur leur projet entrepreneurial à côté de leur activité.** Attention cependant à ne pas confondre « intention entrepreneuriale » et « entreprendre ».

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« On voit la vie différemment à 23 ans et à 40 ans »

Dans le campus Station F, 40% des chefs d’entreprise accueillis sont des femmes. Aucune discrimination positive n’a été faite pour autant selon Rachel Vanier, « nous avons seulement fait des efforts de communication afin de toucher le plus de femmes possible». On pourrait croire que les millenials, toujours plus nombreuses à entreprendre, vont rapidement faire monter le taux de femmes entrepreneurs en France et atteindre la parité. Mais, comme le souligne Séverine Le Loarne, « on voit la vie différemment à 23 ans et à 40 ans ». Avoir envie d’entreprendre ne signifie donc pas forcément passer à l’acte. Outre le souci financier qui est un obstacle majeur à l’entrepreneuriat féminin, il ne faut pas oublier que  « les codes du monde entrepreneurial ont été créés par des hommes » rappelle Rachel Vanier. «  Il y a donc forcément des billets cognitifs et inconscients qui rendent difficile l’intégration dans cet univers lorsque l’on est une femme. »

De plus, les clichés ont la vie dure. Dans son livre, la romancière a choisi comme héroïne Marianne, jeune entrepreneure qui lance une startup avec son associé. Comme les jeunes femmes de sa génération, elle est ambitieuse. Or, « souvent, on attribue à Marianne des caractéristiques masculines parce qu’elle est déterminée à réussir » s’étonne l’auteure.

Réussir dans tous les domaines

Autre spécificité des millenials : elles souhaitent réussir dans tous les domaines. Selon une étude menée aux États-Unis par la société Create & Cultivate, les femmes nées entre les années 1980 et 2000 considèrent la famille comme leur priorité, suivie de leur propre bien-être et enfin de leur carrière. « Une femme de 30 ans a besoin de s’épanouir dans d’autres domaines que l’entrepreneuriat : elle doit être une bonne mère, garder la ligne… ce que n’ont pas à faire les hommes » témoigne Rachel Vanier. Ceci explique certainement que les femmes sont très présentes lorsqu’il s’agit de créer des petites startups mais beaucoup plus rares à la tête de sociétés à très forte croissance.

Séverine Le Loarne voit tout de même dans cette envie de créer un bon indicateur : « cela prouve que l’appétence entrepreneuriale revient en France », notamment grâce aux femmes de la génération Y.

* Écosystème, paru en juin 2017 aux éditions Broché
**Étude réalisée aux États-Unis par le site Create & Cultivate en Juin 2017

 

Melissa Carles

 

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Article 3/4 Entrepreneuriat féminin : « Le congé maternité ? Je ne sais même pas ce que c’est »

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