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Prêt garanti par l’État (PGE) : la majorité des entreprises retardent le remboursement

La tendance est à l’attentisme du côté des entreprises ayant contracté un prêt garanti par l’État (PGE). Près de la moitié n’aurait pas touché à son prêt et une majorité aurait opté pour l’année supplémentaire de décalage du remboursement en capital, selon la fédération bancaire française (FBF).

Prêt garanti par l’État (PGE) : la majorité des entreprises retardent le remboursement
74 % des entreprises ayant contracté un PGE auraient choisi la durée de remboursement la plus longue possible (fin du prêt en 2026). © Adobe Stock

« Un excès de prudence va tuer la reprise », craignait le médiateur des entreprises, Pierre Pelouzet, dans nos colonnes en septembre 2020. Six mois plus tard, le plan de relance a beau être sur les rails, la prudence est toujours de mise, a fortiori en plein troisième confinement. « Les entreprises font le choix de la précaution : environ la moitié ont aujourd’hui sur leurs comptes bancaires l’intégralité de leur PGE ; pour autant, la plupart choisissent de rembourser le plus tard possible », a indiqué la fédération bancaire française (FBF) dans un communiqué du 6 avril. Au 19 mars 2021, 669 883 entreprises ont contracté un PGE pour un montant de plus de 135,9 Md€.

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55 % des entreprises reportent le remboursement d’un an supplémentaire

Incitées par Bercy, les banques se sont engagées en janvier à reporter d’un an le début de remboursement des PGE pour les entreprises qui le souhaitent, soit 4 ans de remboursement à partir de la deuxième date d’anniversaire du prêt au lieu de 5 ans à partir de la première (possibilité de passer à un remboursement du type « 1 + 1 + 4 » au lieu de « 1 + 5 »). Ainsi, pendant 2 ans, « seuls les intérêts et le coût de la garantie d’État sont payés », rappelle la FBF.

Source : Secrétariat du Comté, à partir de Bpifrance, Banque de France – DGSER – DE – Service central des risques. France Stratégie, données au 26 février 2021.

Une option que choisiraient la majorité des entreprises ayant contracté un PGE, pour l’essentiel entre avril et juillet 2020, appelées à fixer leur choix de remboursement au terme des 12 mois de différé d’amortissement règlementaires. « 55 % optent pour l’année supplémentaire de décalage du remboursement en capital », renseigne la FBF.

Si la fédération assure que toutes les banques acceptent « systématiquement toute demande de décalage », le Syndicat des Indépendants (SDI) les enjoint à aussi « lever l’option du report de paiement d’une année » pour les TPE qui n’étaient pas informées de ce report ou qui ont opté en janvier dernier pour un remboursement dès 2021. « Ces entreprises se retrouvent piégées dans un contexte de nouveau confinement, au moins jusqu’au 15 mai prochain », alerte-il.

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74 % des entreprises choisissent la fin du prêt en 2026

Outre le succès du nouveau différé, par attentisme ou insolvabilité (1/3 des TPE auraient consommé l’intégralité de leur PGE en mars 2021 selon le SDI), la grande majorité des entreprises attendraient le dernier moment pour rembourser leur prêt. Selon les statistiques de la FBF obtenues à partir des informations reçues au 26 mars 2021 sur la base de plus de 430 000 PGE pour lesquels le choix a été exprimé (contrat ou intention précise) :

  • 74 % des entreprises ayant contracté un PGE choisissent la durée la plus longue possible (fin du prêt en 2026) ;
  • 9 % l’amortiront entre 2024 et 2025 ;
  • 5 % l’amortiront entre 2022 et 2023 ;
  • environ 12 % le rembourseront dès 2021.

De quoi affermir l’idée d’un allongement de la durée de remboursement du prêt. Le ministre chargé des PME, Alain Griset, a annoncé début février dans le Parisien être en négociation avec la Commission européenne pour étendre la durée de remboursement de 6 à 8 ans (« 1 + 1 + 6 » au lieu de « 1 + 1 + 4 »). « Nous restons toujours dans l’attente des résultats des négociations avec Bruxelles concernant la faculté d’allonger la période de remboursement du PGE jusqu’à 8 ans au lieu de 6. Ce dispositif nous apparaît de plus en plus nécessaire alors qu’un retour à la normale n’est désormais pas attendu avant l’automne 2021 par Olivier Véran », appuie Marc Sanchez.

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Matthieu Barry

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