Interview

Camille Rumani, Eat With : « 12 nationalités travaillent au sein de notre équipe »

L’entrepreneure Camille Rumani fait partie des 29 Français de moins de 30 ans les plus prometteurs selon le magazine Forbes. Le classement ne s’y trompe pas, VizEat, la startup qu’elle a fondée avec Jean-Michel Petit, vient de racheter son concurrent américain à seulement 3 ans. L’entreprise, qui met en relation touristes et hôtes pour partager un dîner chez l’habitant, est présente dans plus de 130 pays et se nomme désormais Eat With.

Camille Rumani, Eat With : « 12 nationalités travaillent au sein de notre équipe »

Surprise d’être l’une des 300 personnes de moins de 30 ans considérées comme les plus prometteuses d’Europe par le magazine Forbes ?

Je ne m’attendais pas à être citée par Forbes. Je savais que j’étais dans la « short list » mais je n’ai su que je figurais dans leur classement au dernier moment, comme tout le monde. Que dire ? C’est un grand honneur ! On ne court pas après les reconnaissances lorsque l’on est entrepreneur, on veille surtout à ce que son entreprise fonctionne, c’est le plus important. Mais lorsque l’on se voit récompensé, c’est toujours plaisant.

Vous avez lancé votre startup dans un milieu où peu de femmes s’aventurent, le numérique…

La valorisation des femmes est un sujet qui me tient à cœur. Le numérique est un secteur où, vous avez raison, les femmes sont loin d’être majoritaires. Lorsque nous avons imaginé VizEat, j’ai pris des cours de code avec l’association Starther ainsi qu’avec Microsoft. Il m’a semblé important lorsque j’ai lancé ma société de comprendre comment fonctionne un site internet. Cela m’a permis d’obtenir une certaine reconnaissance auprès des hommes du milieu. Il y a des cheffes d’entreprise qui diront qu’être une femme n’a rien changé, mais ce n’est pas mon cas. Au départ, certains nous prennent pour des « prunes », ils en profitent un peu, se disent qu’on ne doit rien comprendre de toute façon. Mais le fait d’obtenir ces compétences m’a permis d’acquérir une certaine légitimité.

Votre entreprise valorise l’expérience humaine. C’est une priorité pour vous ?

J’ai fait quelques stages dans de grandes entreprises où j’étais très malheureuse. Il manquait une dimension internationale, j’avais besoin de trouver mon propre univers. Dans les grandes entreprises, à la sortie de l’école de commerce, il y a beaucoup de « clones » qui affichent les mêmes parcours. Or, chez Eat With nous avons 12 nationalités différentes et nous possédons des bureaux à Paris, à Tel Aviv, à Londres, à Barcelone et à San Francisco.

Je trouve très important dans une entreprise que les salariés aient des profils variés, j’apprends tous les jours grâce à eux. Par exemple, avec Jean-Michel Petit, mon associé, nous représentons deux générations différentes. Nos visions et nos avis sont différents, et nous les confrontons très souvent.

La recherche d’hôtes a-t-elle été plus difficile dans certains pays ?

En France et en Italie, le développement a été très facile. Le bouche-à-oreille à très bien fonctionné. Par contre, nous avons eu plus de difficulté en Espagne pour recruter des hôtes. À Barcelone, on a dû envoyer une personne qui parlait le catalan. À Londres aussi, nous sommes passés par des locaux qui connaissaient très bien la ville. Nous avons eu aussi un coup de pouce : en 2016, ViZeat a été sélectionnée parmi les 3 meilleures applications de l’année par Apple. Alors quand, quelques mois plus tard, Tim Cook, le CEO d’Apple, est venu sur Paris, il a réservé un repas chez l’habitant via VizEat et nous a conviés, Jean-Michel Petit et moi. Une super expérience avant tout !

 

Propos recueillis par Melissa Carles 

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