Interview

Valérie March, cofondatrice du site Place des Réseaux, webmagazine dedié aux entrepreneurs en réseaux

Proposer des méthodes, points de vue d’experts et des outils pour développer la démarche réseau des entrepreneurs, telle est la raison d’être du webmagazine Place des Réseaux. En vogue depuis quelques années, les réseaux sociaux, sont un outil de communication et de business stratégique pour les PME. A condition de savoir les utiliser, comme le dévoile Valérie March, cofondatrice de Place des Réseaux.

Valérie March, cofondatrice du site Place des Réseaux, webmagazine dedié aux entrepreneurs en réseaux

Les réseaux sociaux sont-ils le nouvel eldorado de la communication pour les entrepreneurs ?

Les réseaux sociaux tels Facebook ou Viadeo sont de bons outils de communication dans la palette à la disposition des PME. La présence sur ces réseaux permet surtout de communiquer à moindre frais : c’est un bon moyen de se faire connaître et de faire connaître ses produits et services en fonction de son secteur d’activité, de son rayonnement géographique, de la concurrence et de ce que l’on recherche (fidélisation, nouveaux clients). Mais elle ne doit surtout pas remplacer tout ce qui se faisait jusque-là en matière d’actions de communication.

Par où commencer quand on est une petite entreprise et que l’on souhaite être présente sur les réseaux sociaux ?

Il y a trois points à prendre en considération.
D’abord, quatre réseaux se distinguent aujourd’hui par leur audience. Il s’agit de Facebook et de ses 400 millions d’utilisateurs dans le monde, de Viadeo et de ses 25 millions de professionnels français, de Linkedln à dominante internationale et, enfin, de Twitter, utilisé essentiellement par une communauté de journalistes et de technophiles.
Parmi ces quatre réseaux incontournables, il est conseillé de se concentrer sur un seul au départ. Il faut donc choisir le meilleur outil. Pour ce faire, il est essentiel de réfléchir pour savoir où se situe son audience. Si je vends des produits montrables par exemple, une page Facebook constitue un moyen simple de tenir au courant mon réseau de mon travail. A l’inverse, si je propose des prestations intellectuelles, mieux vaut être présent sur Viadeo et/ou LinkedIn. Twitter de son côté sera intéressant si j’interviens dans un secteur d’activité proche du marketing ou webmarketing car il peut être utile pour faire de la veille sur l’actualité de mon secteur et/ou pour identifier des clients potentiels.
Une fois que l’on participe à un réseau social, il ne faut pas oublier de le dire sur son site, son blog, sa newsletter, l’indiquer dans la signature de ses emails… C’est ce qu’on appelle la stratégie des petits cailloux, qui permet de tisser sa toile. On a tous un réseau, même si on n’en a pas conscience. Il faut savoir que les premiers clients ou prescripteurs sont dans son réseau proche.

Faut-il considérer les réseaux sociaux comme une fonction stratégique qui nécessite d’être assurée par le chef d’entreprise ?

Le scénario idéal est en effet celui où le dirigeant gère lui-même sa présence sur les réseaux sociaux. C’est l’exemple aux USA du fondateur du site de e-commerce Zappos. Il incarne sa société de manière sympathique sur son compte Twitter, avec X milliers de followers (personnes qui suivent l’actualité de la marque, NDLR). Sauf que tous les dirigeants n’ont pas la passion des medias sociaux. Il faut alors en déléguer l’animation en interne ou en externe, à la condition que cette personne connaisse bien l’objectif de l’entreprise et saisisse le ton d’usage, à savoir professionnalisme et convivialité.

Il peut aussi y avoir une problématique de temps…

Effectivement, les réseaux sociaux sont des outils addictifs et chronophages, Twitter étant le pire car on est bombardé en permanence d’informations. Leur gestion va dépendre d’une entreprise à l’autre. Pour certaines, ce sera un temps additionnel, pour d’autres, cela deviendra le canal prioritaire qui pourra remplacer une autre démarche, par exemple la prospection dans le dur. Dans tous les cas, il est conseillé de se bloquer un créneau horaire tous les jours, puis de se déconnecter. Cela oblige forcément à repenser son organisation et à redéfinir ses priorités. Sans oublier de mesurer ensuite les résultats pour valoriser les actions les plus efficaces.

Quel est le secret pour faire du business sur les réseaux sociaux ?

L’erreur qui est souvent commise, c’est de faire du « push » d’informations. Par exemple, sur Viadeo être présent sur 15 hubs (plateformes d’échanges à thèmes, NDLR), avec la même annonce, ne présente aucun intérêt. C’est ni plus ni moins du spam. Viadeo est un réseau social : cela implique d’échanger avec les autres. Ainsi, un consultant en achats identifiera un ou deux hubs sur Viadeo puis les animera en partageant de la vraie information utile aux autres professionnels et en répondant aux questions. En fait, il faut raisonner de la même manière que si l’on rejoignait un club : c’est en s’investissant le plus qu’on en retire le plus.
De la même manière, sur Facebook, quand on poste une information et que les fans réagissent, il faut leur répondre. En fait, il faut simplement ne pas oublier les règles de base de la courtoisie !
Attention aussi à ne pas faire de la communication corporate. Il faut être vigilant sur la forme, ne pas être guindé, mais rester informel, sans tomber dans la familiarité ou dans la condescendance, même si l’on vous pose des questions qui vous semblent basiques. De la même façon, si un échange s’envenime, on n’ajoute pas de l’huile sur le feu, mais on adresse un message direct à la personne concernée…
De manière générale, il faut savoir que l’usage des réseaux sociaux nécessite un travail de longue haleine. Rien n’est magique ! C’est en travaillant sa communauté, en interagissant, que vos actions seront payantes. Ce qui compte, c’est le travail régulier et il vaut finalement mieux ne rien faire que de tout laisser en plan.

Propos recueillis par Nelly Lambert
Rédaction de NetPME

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