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La fiscalité, prochain sujet prioritaire du prochain gouvernement selon les chefs d'entreprise

L’Observatoire social de l’entreprise sur les attentes des chefs d’entreprise pour le prochain quinquennat montre que la proximité de l’élection présidentielle ne serait pas forcément porteuse d’espoir et de sentiment positif. La majorité d’entre eux estiment que les réformes, sur la fiscalité notamment, devront être faites rapidement, dans les premiers mois du quinquennat.

La fiscalité, prochain sujet prioritaire du prochain gouvernement selon les chefs d'entreprise

78% des chefs d’entreprise éprouvent un sentiment négatif en pensant à la prochaine élection présidentielle. Dans le détail, plus d’un sur deux ressent de l’inquiétude, voire de la méfiance pour 42% d’entre eux. C’est ce qui ressort du baromètre de l’Observatoire social de l’entreprise*. « Peu d’entrepreneurs estiment que l’élection va pouvoir améliorer les choses » note Brice Teinturier, directeur général délégué d’Ipsos. Note plus optimiste, elle suscite néanmoins de l’espoir pour 42% d’entre eux. Espoir qui est en tête dans le secteur des services mais en retrait dans l’industrie (28%) et le bâtiment (33%), où la méfiance prévaut (respectivement 57 et 46%). Côté personnalités, c’est François Fillon qui est jugé le plus convaincant par les chefs d’entreprise (40%) pour relancer la croissance et l’emploi, loin devant Emmanuel Macron qui totalise 8% de citations seulement. Sachant qu’au moment où ils étaient interrogés, l’offre politique n’était pas encore totalement connue.

Un chef d’entreprise sur deux pense que la situation économique va se dégrader

De la même manière, les chefs d’entreprise portent un regarde toujours aussi sombre sur l’évolution de la situation économique de la France. Près d’un sur deux (46%) pense qu’elle va se dégrader dans les mois qui viennent, et 10% seulement considèrent qu’elle va s’améliorer. Quant aux perspectives d’activité de leur entreprise, 18% seulement considère qu’elle va être en croissance et 19% en baisse d’activité. « La toile de fond est donc une grande prudence du côté des chefs d’entreprises, même si au global on note une stabilisation des perceptions qui ont cessé de se dégrader » relève Brice Teinturier. Néanmoins, le baromètre enregistre une note positive sur ce qu’il se passe au sein des entreprises. « Les chefs d’entreprise ont une vision plutôt idyllique sur le niveau de stress de leurs salariés dans les six prochains mois » – 68% sont confiants à ce sujet–. Ils sont également optimistes (67%) quant au maintien de l’emploi dans leur entreprise et à la possibilité de proposer des formations (61%). Concernant le développement économique de leur secteur d’activité, un sur deux est optimiste. Sur la question de l’augmentation des salaires, on descend à moins d’un sur deux et moins d’un sur trois sur leur capacité à embaucher. Comme c’est souvent le cas, il y a un écart saisissant avec les résultats obtenus pour les salariés. Sur la charge de travail ou la rémunération par exemple, 30 points les séparent. La principale tension se focalisant sur les niveaux de salaire, première préoccupation des salariés devant le maintien de l’emploi.

La réforme de la fiscalité arrive en tête des mesures plébiscitées

Il y a une forte attente de réforme chez les chefs d’entreprise. Ainsi, 58% d’entre eux souhaitent que le prochain gouvernement réforme en profondeur les règles qui s’appliquent aux entreprises et aux salariés : code du travail, charges, financement des retraites et de la protection sociale, en mettant à plat tous les sujets, y compris les plus délicats.

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Néanmoins, « la réforme du code du travail et son lot de contestations a laissé des traces. » De fait, Brice Teinturier estime que « la réforme sera plus difficile que jamais. L’opinion publique est échaudée par les tentatives récentes de réforme et les conflits auxquels elles ont donné lieu ». 37% souhaite ainsi que l’on aménage en partie ces règles afin de contribuer à résoudre les problèmes les plus importants sans risquer de blocage social. Quant aux mesures jugées efficaces pour relancer la croissance, la fiscalité arrive en tête avec 69% des répondants, loin devant le chômage (31%). Vient ensuite la question de l’âge de départ à la retraite (28%), la durée hebdomadaire du travail (25%), la sécurité de l’emploi (24%) et les rémunérations (24%). En termes de timing, la majorité des chefs d’entreprise (70%) privilégie le lancement d’un maximum de réformes en début de quinquennat pour « profiter de la légitimité que confère le scrutin ». Quant aux mesures testées, les chefs d’entreprise saluent leur efficacité. C’est le cas notamment de la réforme de l’assurance chômage, permettant la réduction et la dégressivité des allocations, que 75% jugent efficace pour relancer la croissance et l’emploi. Même chose pour la suppression des 35 heures en laissant le soin aux partenaires sociaux de négocier le temps de travail, jugée efficace pour 72% d’entre eux.

Enquête de l’Observatoire Social de l’Entreprise CESI-IPSOS-FIGARO réalisée auprès de 406 chefs d’entreprise en décembre 2016.

 

Charlotte de Saintignon

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