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Les micro-entrepreneurs gagnent moins de 500 euros par mois

Les micro-entrepreneurs ont retiré en moyenne 470 euros par mois de leur activité non-salariée en 2017, selon une récente étude Insee.

Les micro-entrepreneurs gagnent moins de 500 euros par mois
« Le revenu moyen des micro-entrepreneurs progresse dans tous les secteurs, excepté les activités diverses de transport et d’entreposage (comprenant la livraison à domicile) », précise l’étude. © Adobe Stock

Des revenus pourtant moins faibles qu’avant. Fin 2017, les micro-entrepreneurs (ex auto-entrepreneurs) représentaient déjà près d’un tiers des travailleurs indépendants (hors-agriculture), selon une étude de l’Insee publiée le 7 novembre dernier. Soit 928 000 micro-entrepreneurs économiquement actifs pour 2,8 millions de travailleurs indépendants hors agriculture. Affichant une augmentation plus significative des effectifs (+ 8,3 %) qu’en moyenne depuis 2015 (+ 6,9 %), l’année 2017 amorce la résurgence du régime de la micro-entreprise dont le nombre d’immatriculés décollent en 2018 (+ 28 % par rapport à 2017).

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Micro-entrepreneurs : les parents pauvres de l’activité non-salariée

Avec un revenu mensuel moyen de 470 euros, les micro-entrepreneurs gagnent près de huit fois moins que les travailleurs indépendants classiques (3 580 euros). Les micro-entrepreneurs du commerce de détail hors magasin sont les moins bien lotis (230 euros par mois). Viennent ensuite les micro-entrepreneurs des transports (320 euros par mois) ou ceux officiant dans l’industrie hors artisanat commercial (320 euros par mois). A contrario, les micro-entrepreneurs dont l’activité est juridique ou comptable sont ceux qui s’en sortent le mieux (970 euros). Suivis de près par certains micro-entrepreneurs évoluant dans le secteur de la santé.

« Leur faible revenu est lié à la nature du régime qui impose des plafonds sur le chiffre d’affaires », précise les auteurs de l’étude. 3 entrepreneurs sur 10 cumulent en outre leur activité de micro-entrepreneur avec un emploi salarié. Quand bien même, ramené au revenu médian (50 % du panel en dessous, 50 % au-dessus), les micro-entrepreneurs actifs (290 euros par mois) gagnent 8,5 fois moins que les autres indépendants  (2 460 euros par mois).

Toutefois, le revenu d’activité moyen de l’ensemble des indépendants croît en euros constants (+ 0,7). Et les micro-entrepreneurs ne sont pas en reste (+ 4,0 %, après + 3,4 % en 2016 et + 6,1 % en 2015). « Depuis fin 2014, les nouvelles conditions d’accès au statut de micro-entrepreneur peuvent le rendre moins attractif pour les plus faibles revenus. En outre, cette hausse s’inscrit dans un contexte d’amélioration de la conjoncture économique », justifie l’étude. Une dynamique loin de se tarir. Selon une statistique de l’Acoss publiée en juillet dernier, du fait du doublement des plafonds opéré l’année d’après, le chiffre d’affaires trimestriel moyen s’est élevé fin 2018 à 4 112 euros, soit une percée de + 11,9 % sur un an (contre + 3,9 % fin 2017).

Micro-entrepreneurs : la livraison à domicile, un secteur à part

Les activités de livraison à domicile et des coursiers urbains constituent le seul secteur ultra dominé par les microentrepreneurs (95 %). Surtout, le revenu moyen des coursiers est au point mort.  « Le revenu moyen des micro-entrepreneurs progresse dans tous les secteurs, excepté les activités diverses de transport et d’entreposage (comprenant la livraison à domicile) », précise l’étude. Un secteur d’exception où le revenu moyen s’élève seulement à 260 euros par mois.

À noter, la part de micro-entrepreneurs augmente dans presque tous les secteurs d’activité. Ils représentent « plus de 60 % des non-salariés dans le commerce de détail hors magasin, dans certains services personnels (entretien corporel, réparation de biens) et activités spécialisées (photographie, design, traduction), dans les arts et spectacles, dans certaines activités de santé non réglementées (psychothérapie, acupuncture, homéopathie, diététique) ou encore dans l’enseignement », avance l’Insee.

 

Matthieu Barry

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