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Les PME "par définition" dans une démarche de RSE

La semaine européenne du développement durable (du 30 mai au 5 juin) met en lumière toutes les actions de RSE (responsabilité sociétale des entreprises). La FEEF (Fédération des entreprises et entrepreneurs de France) estime que « par définition », les PME font de la RSE. Le dirigeant de la Savonnerie du Midi pense même que cette démarche éthique « fait grandir ».

Les PME

La démarche de RSE (responsabilité sociétale des entreprises) est de plus en plus prisée et les PME peuvent trouver des pistes pour y recourir via des guides comme celui édité par la CPME  ou par l’observatoire de la RSE et du Medef. Mais un autre événement annuel leur permet de découvrir les raisons d’améliorer leur action en matière sociale, environnementale ou économique : la semaine européenne du développement durable (30 mai-5 juin), ouverte le 29 mai par le ministre de la Transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot. L’an dernier, plus de 300 000 citoyens dans 38 Etats avaient participé à ce rendez-vous, avec 4 146 initiatives dont 1 661 en France. « C’est un événement important, mais, pour notre part, nous travaillons toute l’année sur la démarche RSE », précise Dominique Amirault, président de la FEEF (Fédération des entreprises et entrepreneurs de France), un club d’affaires  qui compte 850 membres et qui se définit «  dans le dialogue et non le rapport de force », et comme « une entité qui promeut l’entrepreneuriat indépendant ». Une communauté qui prône le partage d’expériences « car les dirigeants sont souvent isolés » et qui se donne pour objectif de « soutenir les entrepreneurs PME, dans leurs relations collaboratives avec leurs clients et de répondre aux attentes des consommateurs ». D’ailleurs, le président Amirault ne réclame pas des aides financières au nouveau ministre de la Transition écologique et solidaire mais plutôt « une réglementation moins lourde, une égalité des chances, une égalité des armes sur le plan européen afin de faciliter la démarche RSE ».

« L’homme est le seul créateur de valeur, la finance est un moyen ! »

La RSE est souvent associée aux grands groupes avec des campagnes publicitaires et une communication qui laisse parfois l’illusion que ce comportement éthique est leur apanage. Or, ce respect des normes (« compliance », indique Dominique Amirault) dénote souvent une « logique défensive », alors que la RSE spécifique et différenciée PME, la « RSEPI » (Responsabilité Sociétale des Entrepreneurs PME Indépendants) donne, selon le président de la FEEF tout son sens à la liberté d’entreprendre et à la motivation des équipes. « L’homme est le seul créateur de valeur, la finance est un moyen ! », s’enflamme-t-il. « La PME a une dimension humaine, elle fait par définition de la RSE, tout à fait naturellement et parfois sans même le savoir.  Par l’art de vivre avec les autres, en protégeant la planète, en œuvrant sur un territoire, elle améliore le quotidien de tous ».

Un partenariat avec un Esat et du savon (de Marseille) exclusivement à l’huile végétale

Guillaume Fievet, PDG de la Compagnie du Midi, a reçu en avril 2015 le label « Entrepreneurs + engagés » (E+), mis en place par la FEEF, inspiré du référentiel RSE (ISO 26000). Le Grand Prix ESSEC des Industries de la Consommation Responsable lui a également été attribué en février 2017. « Un audit dans nos murs a été réalisé par un prestataire extérieur », confie le dirigeant de la Compagnie du Midi. Il décrit l’atmosphère dans l’un de ses établissements, la Savonnerie du Midi, un lieu ancré sur un territoire depuis 123 ans, où il souligne qu’il fait bon travailler : sécurité améliorée, rénovation des locaux sociaux, prévention des risques psycho-sociaux, valorisation des carrières… « Nous sommes très engagés sur les relations sociales », confie-t-il. Désormais, les salariés sont partie prenante pour faire visiter leur entreprise lors des journées du patrimoine. L’établissement a également conçu un partenariat avec un Esat (Établissement et service d’aide par le travail) local où des copeaux de savon de Marseille sont fabriqués. La dimension RSE de l’entreprise ne s’arrête pas là : avec trois autres savonniers de la cité phocéenne, l’entreprise a fondé en 2011 l’UPSM (Union des professionnels du savon de Marseille), et signé une charte pour défendre et promouvoir le savon de Marseille traditionnel, « fabriqué sur notre territoire, dans des chaudrons, à l’huile végétale exclusivement, sans parfum et sans colorant ». Un engagement « orienté bio » qui n’est pas récent : la société a obtenu en 2007 le label Ecocert (référentiel des cosmétiques écologiques et biologiques) pour les produits de la ligne cosmétique Plaisir Bio de Maître Savon de Marseille et pour ceux de la gamme Corvette. « L’entreprise est dans un processus d’amélioration, qui nous oblige à grandir et à être plus proches des consommateurs qui veulent être rassurés sur la qualité des produits, leur origine et leur mode de fabrication ». Un cercle vertueux : « pour moi, cette démarche est obligatoire pour s’inscrire dans la durée », conclut-il.

Claire Padych

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