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Solo-entrepreneur : les clés d’un travail efficace

Le solo entrepreneur (ou « solo-preneur ») peut-il faire de sa solitude une force ? Oui selon 5 solo-entrepreneurs venus témoigner de leur expérience, à condition de connaître les secrets de l’entrepreneuriat solitaire.

Solo-entrepreneur : les clés d’un travail efficace
Ouverture de la masterclass "Comment se lancer et travailler seul efficacement" au salon des entrepreneurs © Marie-Aude Grimont

Place au solo-entrepreneur ! S’il peut apparaître intimidant de travailler seul, sans équipe et sans salariés, quelques clés permettent de se lancer avec plus de confiance. Tel était l’objet d’une masterclass qui s’est tenue jeudi 7 février dernier, au salon des entrepreneurs à Paris.

Solo-entrepreneur : les avantages de l’auto-entreprise

Pour Monique Sentey, déléguée générale de l’Union des auto-entrepreneurs (UAE) et fondatrice d’Evolussance, l’auto-entreprise est idéale pour le solo-entrepreneur. En premier lieu parce qu’il est possible de cumuler ce statut avec celui de salarié, afin de ne pas bouleverser son activité d’un seul coup. Ensuite parce qu’aucun impôt ni cotisation ne vient frapper le solo-entrepreneur tant qu’aucun chiffre d’affaires n’a été encaissé. De plus, les formes sociales classiques (comme la société par actions simplifiée unipersonnelle) impliquent des démarches plus lourdes. Si l’auto-entreprise ne permet pas de déduire ses frais et son investissement, elle permet de ne rien payer lors de sa création.

Héloïse Tillinac partage cette opinion et insiste sur la souplesse qui permet de rester salarié ou de le redevenir après une période où le solo-entrepreneur s’est consacré à son entreprise. Pour la fondatrice de Neowork Lab et autrice du livre « Le guide du solo-preneur », cela permet à chacun de trouver sa place.

Fabien Vial, créateur de son propre cabinet de conseil Adviso, ajoute que son activité de solo-entrepreneur lui a permis de gagner en « employabilité ». Il a constaté que les compétences développées grâce à cette expérience en solo  étaient aussi très recherchées par les entreprises classiques qui demeuraient donc autant d’employeurs potentiels.

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Les qualités majeures du solo-entrepreneur

« La première qualité du solo-entrepreneur est de s’adapter rapidement » selon Alexia Mendez qui a créé seule son entreprise de design à son nom. « Il faut savoir travailler et être efficace dans l’urgence, avoir une réelle aptitude à donner le meilleur de soi tout de suite ». Connaître ses clients et leurs habitudes sera nécessairement un plus dans le quotidien du solo-entrepreneur. Il faut également déployer sa casquette commerciale : prospecter, relancer et savoir se vendre.

Samuel Durand, également solo-entrepreneur et co-fondateur de Going Freelance, ajoute qu’il faut être un bon chef de projet et jongler avec les différents clients. Se rendre aux rencontres et autres networkings lui semble aussi essentiel pour développer sa clientèle.

Pour Benjamin Leclercq, responsable des ventes chez Yoss, une plateforme dédiée à la rencontre entre les solo-entrepreneurs et leurs possibles clients,  « il faut faire preuve de souplesse sur toutes les compétences qui font votre métier ». L’atypisme du « mouton à 5 pattes » est pour lui un sérieux atout plus qu’un handicap.

Solo-entrepreneur : comment définir son offre et se positionner sur le marché visé ?

Samuel Durand attire immédiatement l’attention de l’auditoire sur le taux journalier moyen (TJM) qu’il faut renégocier à chaque nouvelle mission. L’expérience du solo-entrepreneur, l’urgence de la demande, les résultats exigés à court terme sont autant de variables à intégrer dans le TJM.

Julien van der Feer, animateur de la conférence et rédacteur en chef de divers médias dédiés aux TPE, PME et solo-entrepreneurs, alerte sur le réflexe qui consiste à se référer à son salaire pour fixer son tarif. Une erreur classique à éviter car il faut prendre en compte les charges du solo-entrepreneur, les jours chômés ou réservés au travail administratif.

Benjamin Leclercq rappelle qu’il est essentiel d’être fier de ce qu’on fait. Au-delà, les réseaux de solo-entrepreneurs ne doivent pas dispenser de faire de la prospection sauvage. Des plateformes de mise en relation comme Yoss peuvent aider à identifier les missions possibles.

Alexia Mendez  rejoint ce propos en insistant sur la nécessité impérieuse de « ne pas se brader car cela tue le métier. Il faut également s’associer avec d’autres solo-entrepreneurs qui ont des compétences complémentaires, se rendre dans les salons de son secteur d’activité, rencontre les fournisseurs et nouer des contacts ».

Pour Fabien Vial, il est indispensable de prospecter avant de se lancer, et ne basculer dans son activité de solo-entrepreneur qu’une fois que l’on a décroché ses premiers clients. Tester l’offre sur le terrain et être conscient de sa valeur ajoutée permet de partir des besoins du client et de poser son activité de solo-entrepreneur sur des bases saines.

Monique Sentey relève quant à elle qu’il faut absolument disposer de plusieurs canaux de diffusion de son offre afin d’augmenter ses chances de faire décoller son activité.

Viabilité d'un projet : comment l'évaluer en pratique ?
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Zoom sur la protection du solo-entrepreneur

Avant de se lancer, il est en effet recommandé de se pencher sur ses contrats de prévoyance santé. Héloïse Tillinac rappelle qu’il faut aussi anticiper sa retraite et mettre en place une épargne en conséquence. Monique Sentey rappelle également qu’à la suite de la suppression du RSI, les solo-entrepreneurs doivent s’adresser directement à la CPAM dont ils dépendent. Il faut également prévoir une couverture en cas d’accident du travail et de période sans activité afin de pérenniser son indépendance. La couverture privée devra donc couvrir le plus de scénarios possibles, ces assurances devant alors une véritable ceinture de sécurité pour le solo-entrepreneur. Il est impératif de la prévoir avant de se lancer, car une fois l’activité sur les rails, le solo-entrepreneur risque de ne plus avoir le temps de s’en occuper. Dissocier son assurance personnelle de celle des biens affectés à l’activité est aussi essentiel.

Julien van der Feer ajoute que le revenu du solo-entrepreneur n’est pas un salaire : il n’est pas versé automatiquement, « il faut donc bien garder les délais de paiement en tête ! ». Demander un acompte aux clients et se doter d’une protection juridique permettent donc de faire face à toutes sortes de dangers.

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Conseils de solo-entrepreneurs pour se lancer

Tous les intervenants recommandent de travailler dans des espaces de coworking afin de ne pas s’enfermer dans une trop grande solitude. Les réseaux de solo-entrepreneurs sur Facebook par exemple contribuent aussi à rompre l’isolement. Il faut donc se trouver des alliés et aller à la conquête de la reconnaissance qui peut vite faire défaut et engendrer des risques psychologiques. Prendre soin de soi et trouver son équilibre seraient donc aussi des clés du succès ! Une conclusion partagée par François Hurel, Président de l’Union des auto-entrepreneurs qui a clôturé cette conférence en rappelant que selon les derniers sondages, 15 millions de Français souhaitent entreprendre.

Marie-Aude Grimont

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