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Financer son projet de création d'entreprise

Votre business plan est prêt. A ce stade du projet, vous réfléchissez à la manière de réunir les capitaux nécessaires pour financer vos différents besoins durables. Et si vos conclusions démontrent que vous n’avez pas suffisamment d’apport personnel pour couvrir la totalité de vos besoins de financement, vous allez devoir passer à la prochaine étape de votre création d’entreprise : la recherche de sous ! Découvrez toutes les offres possibles de financement proposées à l'entreprise et à son créateur.

Votre business plan est prêt ; vous avez mesuré vos besoins de départ et envisagé le développement du CA de votre affaire sur 3 ans. A ce stade du projet, vous réfléchissez à la manière de réunir les capitaux nécessaires pour financer vos différents besoins durables identifiés dans les étapes précédentes. Et si vos conclusions démontrent que vous n’avez pas suffisamment d’apport personnel pour couvrir la totalité de vos besoins de financement, vous allez devoir passer à la prochaine étape de votre création d’entreprise : la recherche de sous !

Les moyens de financement possibles

Parmi tous les moyens de financement existants, il est intéressant de distinguer les différentes sources de financement :

– l’épargne personnelle du créateur et/ou de ses associés,

– les aides ou subventions à la personne :
–> le dispositif d’avance remboursable EDEN (Encouragement au Développement des Entreprises Nouvelles),
–> les aides des collectivités locales,
–> les aides des Fondations,

– les prêts d’honneur, (c’est-à-dire sans garanties) via les plates-formes d’initiative locale (France Ini-tiative ), le Réseau Entreprendre, l’Adie, le réseau France Active, mais aussi les collectivités locales, les autres organismes privés de financement solidaire, certains employeurs dans le cadre d’opérations d’essaimage,…,

– le prêt bancaire personnel,

– la participation dans le capital faite par des organismes de capital-risque, des clubs d’investisseurs, le réseau des Cigales, les sociétés de reconversion, les investisseurs individuels, les Associations du type Love Money pour l’Emploi…,

– les primes, subventions à l’entreprise de l’Etat par exemple dans le cadre de l’installation en ZRR, les collectivités locales pour dynamiser la création des entreprises en région,

– les prêts à moyen/long terme à l’entreprise sont proposés par les banques (notamment beaucoup par la Banque Populaire et la Société Générale) : il est alors intéressant de se pencher tout particulièrement sur le Prêt à la Création d’Entreprise,

– le crédit-bail proposé par les banques et les organismes et fournisseurs spécialisés.

Avoir un apport personnel est primordial

Pourquoi l’apport personnel est indispensable ? Car il permet de montrer au banquier votre implication, votre engagement dans votre projet de création. Comment voulez-vous qu’un banquier vous prête et vous fasse confiance, si vous n’êtes pas disposé à mettre vous-même une mise de fond ? D’autant que le banquier limite fréquemment son engagement à hauteur de la mise du créateur : il considère que les fonds propres doivent au moins égaler l’emprunt sollicité ! Avoir un apport personnel est aussi indispensable pour financer certains besoins écartés traditionnellement par les banques, car ils ne sont pas matériels (donc pas saisissables…) : les frais d’établissement, les investissements incorporels autres que le fonds de commerce, une partie du prix des investissements physiques (en général le seuil est à 30-35%, parfois plus selon les activités…), et très souvent le Besoin en Fonds de Roulement.

Cet apport personnel peut provenir de vos économies, d’un plan d’épargne classique que vous cassez, mais il peut aussi provenir – pour peu que votre projet ait été mûri d’assez longue date – d’un Livret d’Epargne Entreprise (LEE). Dans ce cas, l’apport personnel peut être constitué, au préalable, progressivement et pendant deux ans au minimum (jusqu’à 45 800 euros) en souscrivant dans une banque un Livret épargne entreprise (LEE), permettant ultérieurement de solliciter un prêt pour créer son entreprise. Le montant et la durée de ce prêt sont fixés de telle sorte que le total des intérêts à payer soit égal au total des intérêts acquis durant la phase d’épargne, multiplié par 1,6. Exemple, le taux de ce prêt a atteint en août 2006 le taux variable de 5,25 % ou bien le taux fixe de 5,75 % (hors assurance décès incapacité). La loi pour l’initiative économique permet de retirer les fonds déposés avant 2 ans sans perdre l’exonération d’impôt sur les intérêts acquis, s’ils sont utilisés dans les 6 mois au financement d’un projet de création ou de reprise d’entreprise par le titulaire du LEE, son conjoint, un ascendant ou descendant.

A noter, la loi pour l’initiative économique permet d’utiliser l’épargne logement pour financer un local à usage commercial ou professionnel, dès lors qu’il comporte également l’habitation principale du bénéficiaire.

Focus sur les aides et subventions au créateur

Elles sont essentiellement distribuées par l’Etat ou par les collectivités locales, mais certaines fondations, associations ou autres organismes aident des créateurs sélectionnés en leur accordant un don ou une bourse dans le cadre de concours dédiés à l’entrepreneuriat.

L’aide étatique la plus connue et la plus sollicitée est le dispositif « EDEN  » qui concerne les jeunes demandeurs d’emploi de moins de 26 ans et les plus de 50 ans, ainsi que les bénéficiaires des minima sociaux (RMI, ASS, API).

Les prêts d’honneur permettent eux de compléter votre apport personnel. C’est le cas des plates-formes d’initiatives locales qui, après étude de votre dossier, attribuent des prêts d’honneur sans exiger de garanties – et ces prêts sont généralement accordés à taux nul ou à taux réduit avec des facilités de remboursement.

De même, quelques banques accordent des prêts à des conditions plus intéressantes, dans le cadre d’accords passés avec des structures s’occupant de créations d’entreprise : clubs de créateurs d’entreprise, boutiques de gestion, organismes de développement économique local, ….

Enfin, certains employeurs accordent des prêts, (voire des subventions dans le cadre de plans sociaux) aux salariés souhaitant quitter leur emploi pour créer une entreprise, on parle alors d’essaimage.

Les primes et subventions à l’entreprise

Les subventions ne peuvent être prises en compte pour financer les premiers besoins durables de la nouvelle entreprise. En effet, elles ne sont généralement perçues que plusieurs mois après le commencement de l’activité et souvent une partie du paiement de la subvention est conditionnée à la réalisation préalable de certains engagements (investissements, embauches…).
Il est possible d’obtenir un crédit relais bancaire pour disposer des fonds dès la notification de l’attribution de la subvention.

Faire intervenir un tiers dans la constitution de son capital

Dans ce mécanisme, on parle alors de prises de participation au capital. Bien entendu, cela présuppose que l’on ne souhaite pas avoir temporairement la totalité des parts de son entreprise et que l’on est prêt à « partager le gâteau », et enfin que l’on fait vraiment confiance en ce tiers extérieur.

Dans la réalité de la création, peu d’entreprises recourent au capital-risque, qui consiste en une prise de participation temporaire et minoritaire par un organisme spécialisé dans ce type d’interventions – et dont la rémunération correspondra à la plus-value dégagée lors de la revente des titres souscrits. Autant dire que dans ce cas, la sélection des projets est drastique et que les sociétés de capital-risque ne sont pas philanthropiques…

Pour cela, on peut aussi évoquer les « leveurs de fonds » (exemple : les cabinets spécialisés célèbres comme Chausson Finance, Proxicap Invest, Leonardo, MGT…). Ils facilitent cette recherche de capitaux : ce sont des professionnels qui, moyennant rémunération basée en général sur un pourcentage des fonds obtenus, vous aident au montage de votre business plan et vont le présenter et le défendre à des investisseurs avec qui ils ont des contacts très suivis (sociétés de capital-risque, business-angels…).

De plus en plus, des opérateurs (tels que Finance et Technologie, MarTech et Finance,…) organisent périodiquement des évènements médiatiques, réunissant des porteurs de projets triés sur le volet et des investisseurs à la recherche de nouvelles affaires. Les réseaux locaux de Business Angels organisent aussi des rencontres entre créateurs et investisseurs privés. Mais bien sûr, l’ouverture du capital peut concerner d’autres types d’investisseurs privés : des épargnants privés à la recherche de déduction d’impôts…, des fournisseurs, voire des clients, …

Il est également possible de trouver des associés ou des propositions de prise de participation par l’intermédiaire de bourses d’opportunités ou de bulletins d’affaires via les Chambres de commerce et d’industrie ou les Chambres de métiers et d’artisanat.

Il est aussi bon de savoir que les proches (parents et amis) peuvent souscrire au capital de la société et bénéficier ainsi d’une réduction conséquente d’impôts sur le revenu. Enfin les Clubs d’investisseurs pour une gestion alternative et locale de l’épargne solidaire (Cigales) peuvent intervenir pour des montants modestes : 3 000 euros en moyenne. Quant aux associations Love Money pour l’Emploi, elles peuvent réunir plusieurs dizaines de particuliers investisseurs sur un même projet.

Les prêts à moyen et long terme

Sans qu’il y ait de règle absolue, les banques habituellement ne financent qu’à hauteur de 60-70 % du montant hors taxes les investissements physiques, le fonds de commerce s’il y a lieu et, éventuellement mais souvent avec beaucoup de réticence, le Besoin en Fonds de Roulement. La durée maximale des prêts est fonction de la durée fiscale d’amortissement des biens financés. Dans le quotidien de la création, s’engager sur 5, voire 7 ans, est un maximum pour un emprunt bancaire, car à la création, il est bien souvent difficile d’avoir une visibilité sur le business au-delà de 7 ans…

Heureusement, il existe tout de même une solution pour financer le BFR, on peut alors recourir à un Prêt à la Création d’Entreprise. Il s’agit d’un prêt accordé par OSEO, sans garantie ni caution personnelle, susceptible de financer les frais liés au lancement de l’entreprise : constitution du fonds de roulement, frais de démarrage… Ce prêt peut être octroyé à tout type de créateur, pour autant qu’un crédit à moyen ou long terme soit, en même temps, octroyé par une banque. Pour faire un point complet sur le PCE, allez voir le site www.pce.oseo.fr

Bon à noter : certaines créations peuvent prétendre à des financements à taux plus avantageux que les crédits classiques : il s’agit des secteurs de l’industrie, des services aux entreprises, du BTP, du commerce et de la réparation automobile, des transports, de l’hôtellerie, du négoce de gros et commerce de détail (sauf entreprises de plus de 10 salariés), des hôtels et restaurants, de la formation permanente, des ambulances, des laboratoires d’analyses médicales, des centres d’aides par le travail et ateliers protégés, des services collectifs et sociaux, des activités récréatives culturelles et sportives, de l’agriculture pour certains investissements de modernisation, grâce aux prêts CODEVI (appelés également PBE : Prêts bancaires aux entreprises).

Une autre façon de voir l’emprunt : le crédit-bail

Qu’il soit mobilier ou immobilier, le crédit-bail permet de financer à 100 % un bien professionnel. Sur le plan comptable, c’est une location assortie de la possibilité de devenir propriétaire du bien loué au plus tard en fin de contrat, pour un prix fixé d’avance tenant compte pour partie des loyers versés.

Pendant la durée du contrat de crédit-bail, le bien financé n’est pas inscrit au bilan de l’entreprise. Cette formule, sécurisante pour les crédits bailleurs qui restent propriétaires des biens financés, permet une certaine souplesse.

Ce type de financement est un peu plus cher que le crédit classique et moins intéressant depuis que les crédits bailleurs imposent le versement d’un dépôt de garantie ou un premier loyer important dans le barème de location. Mais tout de même, cela permet de financer un investissement indispensable au démarrage de l’entreprise comme par exemple un véhicule professionnel. De plus, le crédit-bail présente l’avantage d’éviter le problème de la récupération de la TVA payée sur les investissements de départ. Penser solution de crédit-bail plutôt qu’achat lourd permet de boucler son plan de financement dans de nombreux cas de figure.

Le casse-tête de la caution

Ce qui est désagréable quand on va voir une banque, c’est qu’elle peut être partante pour vous prêter de l’argent, mais elle exigera très souvent pour cela des garanties. D’abord des garanties sur les biens financés (hypothèque, nantissement, gage), et ensuite, très souvent, par des garanties sur vos biens personnels. Il s’agira alors de se nantir sur un appartement, une résidence secondaire que vous possédez… Or, nombre de créateurs ne possèdent pas de moyens de caution, c’est pourquoi ont été créés des dispositifs de cautionnement en faveur du créateur d’entreprise. Dans le cadre de ces dispositifs, la répartition des risques devient tripartite : vous, l’organisme de cautionnement et la banque qui vous accorde le prêt. C’est d’ailleurs le principe du PCE qui est garantit aux banques à hauteur de 70% par la Sofaris. On parle alors de fonds de garantie ou bien de sociétés de caution mutuelle.

Les Fonds de garantie peuvent être nationaux, régionaux ou locaux et concernent particulièrement la création d’entreprise, comme :

– OSEO, qui intervient à hauteur de 70 % pour les entreprises en création relevant de toutes activités, à l’exception : de l’agriculture traditionnelle dont le chiffre d’affaires est inférieur à 750 000 euros, du secteur immobilier, des grandes et moyennes surfaces de plus de 10 salariés, de l’enseignement général, des activités associatives.

– Le Fonds de garantie à l’initiative des femmes FGIF, qui apporte sa garantie aux créatrices à hauteur de 70 % pour un financement bancaire compris entre 5 000 et 38 000 euros.

– Les fonds de garantie de FRANCE ACTIVE, tournés vers des créateurs en situation personnelle difficile : allocataires du RMI, chômeurs en fin de droits,…

– Les Sociétés de caution mutuelle (SCM) généralistes comme la SIAGI ou spécialisées par secteurs d’activité accordent généralement leur garantie à hauteur minimale de 50 %. Les emprunteurs paient une commission de risque, versent souvent une contribution restituable de l’ordre de 1 à 4 % du crédit, au titre de la mutualisation et, le cas échéant, doivent souscrire au capital de la SCM pour 0,50 ou 1 % du concours garanti.

– OSEO Région – filiale d’OSEO et de la Caisse des Dépôts et Consignations – a passé des accords avec certains Conseils régionaux ou Conseils généraux pour mettre en place un régime de garantie généralement plus favorable aux créateurs d’entreprises que les fonds de garantie habituels.

Savoir présenter son projet aux banques

Les banques ayant actuellement une attitude réservée envers les créateurs, pour espérer convaincre un banquier, il est impératif de lui amener un business plan complet. Il faut lui présenter un dossier court, mais complet, concis, clair et soigné. Il faut aussi s’entraîner à le vendre en imaginant à l’avance toutes les objections qu’il pourra mettre en face et voir quels argumentaires développer pour le convaincre et le rassurer.

Vous devrez aussi prouver votre crédibilité en démontrant votre expérience du secteur et du marché visé, mais aussi en maîtrisant les notions financières de bases telles que : savoir ce que représente un BFR, ce qu’est un compte de résultat, un plan de financement, un plan de trésorerie,…

Bref, présenter son business plan est aussi un exercice de négociation et il est bon de s’entraîner plusieurs fois à présenter oralement son projet avant de rencontrer son banquier.

Enfin, bonne nouvelle, comme la plupart des nouvelles créations d’entreprises actuellement ne nécessitent pas d’énormes fonds et qu’elles émanent bien souvent de personnes en situation financière plus ou moins délicate, il se développe de plus en plus d’organismes de micro-financement qui fonctionnent sur le même mode que celui de l’ADIE – Association pour le Droit à l’Initiative Economique – et qui peuvent être des interlocuteurs à rencontrer au préalable avant d’aller taper à la porte des banques…

Valérie WEILL, consultante en création d’entreprise

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