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Financer son projet de création d'entreprise

Votre business plan est prêt. A ce stade du projet, vous réfléchissez à la manière de réunir les capitaux nécessaires pour financer vos différents besoins durables. Et si vos conclusions démontrent que vous n’avez pas suffisamment d’apport personnel pour couvrir la totalité de vos besoins de financement, vous allez devoir passer à la prochaine étape de votre création d’entreprise : la recherche de sous ! Découvrez toutes les offres possibles de financement proposées à l'entreprise et à son créateur.

Financer son projet de création d'entreprise

Les moyens de financement d’une création d’entreprise

Parmi tous les moyens de financement pour la création d’entreprise, on peut distinguer les sources de financement suivantes :

  • l’épargne personnelle du créateur et/ou de ses associés ;
  • le « love money », c’est-à-dire l’argent que les proches du créateur (amis, famille) sont prêts à investir dans l’entreprise ;
  • les aides et subventions : l’ARCE (Aide à la reprise et à la création d’entreprise) versée par Pôle emploi, subventions (Cap jeunes, Bourse French Tech etc.) Pour connaître toutes les aides et subventions, consultez la Base nationale des aides aux entreprises) ;
  • les prêts d’honneur via les réseaux dédiés à ce type de financement (Initiative France, Réseau entreprendre) ou via des dispositifs de prêts d’honneur régionaux ;
  • le prêt bancaire personnel ;
  • les dons de particuliers versés sur une plateforme de crowdfunding (financement participatif) ;
  • la participation dans le capital faite par des organismes de capital-risque, des clubs d’investisseurs, le réseau des Cigales, les sociétés de reconversion, les investisseurs individuels, les business angels etc. ;
  • les primes et subventions de l’Etat (par exemple, dans le cadre de l’installation en zone de revitalisation rurale), des collectivités locales pour dynamiser la création des entreprises en région ;
  • les prêts à moyen/long terme proposés par les banques ;
  • le crédit-bail proposé par les banques et les organismes et fournisseurs spécialisés ;
  • le micro-crédit, proposé par des organismes comme l’Adie ;
  • les bourses, crédits, et garanties accordées par BPIFrance.

Avoir un apport personnel est primordial

Pourquoi l’apport personnel est-il indispensable ? Car il permet de démontrer au banquier votre implication et votre engagement dans votre projet de création. D’autant que le banquier limite fréquemment son engagement à hauteur de la mise du créateur : il considère que les fonds propres doivent être au moins égaux à l’emprunt sollicité !

Avoir un apport personnel est également indispensable pour financer certains besoins écartés traditionnellement par les banques, car ils ne sont pas matériels : les frais d’établissement, les investissements incorporels autres que le fonds de commerce, une partie du prix des investissements physiques (en général le seuil est à 30-35%, parfois plus selon les activités), et très souvent le besoin en fonds de roulement.

Focus sur les aides et subventions au créateur

Elles sont essentiellement distribuées par l’Etat ou par les collectivités locales, mais certaines fondations, associations ou autres organismes aident des créateurs sélectionnés en leur accordant un don ou une bourse dans le cadre de concours dédiés à l’entrepreneuriat.

L’Arce (Aide à la reprise et à la création d’entreprise), versée par Pôle emploi, consiste à recevoir, lors de la création d’entreprise, le versement d’un capital correspondant à 45% du reliquat de ses droits à l’assurance chômage.

Les prêts d’honneur permettent eux de compléter votre apport personnel. C’est le cas des plates-formes d’initiatives locales qui, après étude de votre dossier, attribuent des prêts d’honneur sans exiger de garanties – et ces prêts sont généralement accordés à taux nul ou à taux réduit avec des facilités de remboursement. Les prêts d’honneur sont obligatoirement couplés avec un prêt bancaire ou un micro-crédit.

De même, certaines banques accordent des prêts à des conditions plus intéressantes, dans le cadre d’accords passés avec des structures s’occupant de créations d’entreprise : clubs de créateurs d’entreprise, boutiques de gestion, organismes de développement économique local, ….

Enfin, certains employeurs accordent des prêts, (voire des subventions dans le cadre de plans sociaux) aux salariés souhaitant quitter leur emploi pour créer une entreprise, on parle alors d’essaimage.

Les primes et subventions à l’entreprise

Les subventions ne peuvent être prises en compte pour financer les premiers besoins durables de la nouvelle entreprise. En effet, elles ne sont généralement perçues que plusieurs mois après le commencement de l’activité et souvent une partie du paiement de la subvention est conditionnée à la réalisation préalable de certains engagements (investissements, embauches…).
Il est possible d’obtenir un crédit relais bancaire pour disposer des fonds dès la notification de l’attribution de la subvention.

Faire intervenir un tiers dans la constitution de son capital

Dans ce mécanisme, on parle alors de prise de participation au capital. Cela implique que le créateur de l’entreprise est prêt à ne pas posséder la totalité des titres de son entreprise et qu’il fait vraiment confiance à un tiers extérieur.

En pratique, en phase de création, peu d’entreprises recourent au capital-risque, qui consiste en une prise de participation temporaire et minoritaire par un organisme spécialisé dans ce type d’investissements – et dont la rémunération correspondra à la plus-value dégagée lors de la revente des titres souscrits.

Signalons que les « leveurs de fonds » sont des cabinets spécialisés qui facilitent la recherche de capitaux : ce sont des professionnels qui, moyennant une rémunération basée en général sur un pourcentage des fonds obtenus, aident le créateur d’entreprise au montage de son business plan et vont le présenter et le défendre auprès d’investisseurs avec qui ils ont des contacts très suivis (sociétés de capital-risque, business-angels…).

De plus en plus, des opérateurs spécialisés organisent périodiquement des évènements médiatiques, réunissant des porteurs de projets triés sur le volet et des investisseurs à la recherche de nouvelles affaires. Les réseaux locaux de business angels organisent aussi des rencontres entre créateurs et investisseurs privés. Toutefois, l’ouverture du capital peut concerner d’autres types d’investisseurs privés : des épargnants privés à la recherche de déduction d’impôts…, des fournisseurs, voire des clients, …

Il est également possible de trouver des associés ou des propositions de prise de participation par l’intermédiaire de bourses d’opportunités ou de bulletins d’affaires via les Chambres de commerce et d’industrie ou les Chambres de métiers et d’artisanat.

Il est aussi bon de savoir que les proches (parents et amis) peuvent souscrire au capital de la société et bénéficier ainsi d’une réduction d’impôts sur le revenu. Enfin les Clubs d’investisseurs pour une gestion alternative et locale de l’épargne solidaire (Cigales) peuvent intervenir pour des montants modestes : 3 000 euros en moyenne.

Les prêts à moyen et long terme

Sans qu’il y ait de règle absolue, les banques habituellement ne financent qu’à hauteur de 60-70 % du montant hors taxes les investissements physiques, le fonds de commerce s’il y a lieu et parfois, le besoin en fonds de roulement (BFR). La durée maximale des prêts est fonction de la durée fiscale d’amortissement des biens financés. En pratique, en phase de création, s’engager sur 5, voire 7 ans, est un maximum pour un emprunt bancaire, car à la création, il est bien souvent difficile d’avoir une visibilité au-delà de 7 ans…

Pour financer le BFR, on peut également recourir à un prêt de développement de BpiFrance. Il s’agit d’un prêt accordé sans garantie ni caution personnelle, susceptible de financer les frais liés au lancement de l’entreprise : constitution du fonds de roulement, frais de démarrage… Ce prêt peut être octroyé à tout type de créateur, pour autant qu’un crédit à moyen ou long terme soit, en même temps, octroyé par une banque.

Une autre façon de voir l’emprunt : le crédit-bail

Qu’il soit mobilier ou immobilier, le crédit-bail permet de financer à 100 % un bien professionnel. Sur le plan comptable, c’est une location assortie de la possibilité de devenir propriétaire du bien loué au plus tard en fin de contrat, pour un prix fixé d’avance tenant compte pour partie des loyers versés.

Pendant la durée du contrat de crédit-bail, le bien financé n’est pas inscrit au bilan de l’entreprise. Cette formule, sécurisante pour les crédits bailleurs qui restent propriétaires des biens financés, permet une certaine souplesse.

Ce type de financement est un peu plus cher que le crédit classique mais il permet de financer un investissement indispensable au démarrage de l’entreprise comme par exemple un véhicule professionnel. De plus, le crédit-bail présente l’avantage d’éviter le problème de la récupération de la TVA payée sur les investissements de départ.

Le casse-tête de la caution

La banque prêteuse exige, le plus souvent, des garanties : des garanties sur les biens financés (hypothèque, nantissement, gage) mais également, très souvent, des garanties sur les biens personnels du créateur (appartement, résidence secondaire, etc.) Or, nombre de créateurs ne possèdent pas de biens suffisants à donner en garantie.

Raison pour laquelle ont été créés des dispositifs de cautionnement en faveur du créateur d’entreprise. Dans le cadre de ces dispositifs, la répartition des risques est tripartite : le créateur d’entreprise, l’organisme de cautionnement et la banque qui accorde le prêt. On parle de fonds de garantie ou bien de sociétés de caution mutuelle.

Les fonds de garantie peuvent être nationaux, régionaux ou locaux et concernent particulièrement la création d’entreprise, comme :

– BPIFrance, avec la garantie création (garantie de 50 à 60% du concours bancaire pour les nouveaux entrepreneurs) ;

– Le Fonds de garantie à l’initiative des femmes FGIF, qui apporte sa garantie aux créatrices à hauteur de 80 % dans la limite de 50 000€.

– Les fonds de garantie de FRANCE ACTIVE, tournés vers des créateurs en situation personnelle difficile : allocataires du RSA, chômeurs en fin de droits,…

– Les Sociétés de caution mutuelle (SCM) généralistes comme la SIAGI ou spécialisées par secteurs d’activité.

Savoir présenter son projet aux banques

Pour convaincre une banque, il est impératif de lui présenter un business plan complet avec un dossier court mais complet, concis, clair et soigné.

Le créateur d’entreprise doit prouver sa crédibilité en démontrant votre expérience du secteur et du marché visé, mais aussi en maîtrisant les notions financières de base (BFR, compte de résultat, plan de financement, plan de trésorerie).

Présenter son business plan est aussi un exercice de négociation et il est bon de s’entraîner plusieurs fois à présenter oralement son projet avant de rencontrer une banque.

 

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