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Un dirigeant de TPE/PME sur deux prévoit d’augmenter les salaires cette année

Le baromètre Rexecode-BpiFrance Le lab de février 2022 fait un focus sur l’évolution des prix et des salaires dans les TPE/PME. Si des hausses de salaires sont prévues, elles ne surcompensent pas les hausses de prix de vente anticipées par les entreprises. Pour faire face aux difficultés d’approvisionnement et à la flambée des matières premières et du prix de l’énergie, la majorité d’entre elles prévoient en effet d’augmenter leurs prix en 2022.

Un dirigeant de TPE/PME sur deux prévoit d’augmenter les salaires cette année
Les TPE/PME qui prévoient d'augmenter les salaires souhaitent fidéliser les collaborateurs (pour 75 % des dirigeants concernés), maintenir le pouvoir d’achat (48 %), et rémunérer la performance (32 %). © Getty Images

2,2 %. C’est l’augmentation salariale moyenne prévue dans la moitié des TPE/PME cette année [*]. Une hausse qui reste en deçà des prévisions d’inflation de l’Insee. 63 % des entreprises prévoient néanmoins des augmentations de salaire plus importantes que celles octroyées en moyenne avant crise et 33 % de même ampleur. Seuls 5 % pensent accorder en moyenne des évolutions inférieures à celles d’avant crise. La proportion étant de 46 % chez les TPE, contre 68 % chez les PME d’au moins 10 salariés.

L’objectif des entreprises, fidéliser les collaborateurs (pour 75 % des dirigeants concernés), maintenir le pouvoir d’achat (48 %), et rémunérer la performance (32 %). Un moyen de pallier les difficultés de recrutement qui freinent l’activité. Ainsi, 57 % placent le recrutement au premier rang de leurs préoccupations. L’autre moitié de dirigeants, qui ne compte pas augmenter les salaires, l’explique majoritairement par les résultats insuffisants de leur entreprise (57 %). Et un peu moins de la moitié favoriseraient des gratifications alternatives de type primes ou intéressement.

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63 % des TPE/PME affectées par les difficultés d’approvisionnement

Les contraintes de production pèsent de plus en plus sur les PME et les TPE. Pour un tiers des dirigeants, les coûts et les prix trop élevés freinent l’activité. Une proportion d’autant plus importante chez les dirigeants qui rencontrent des difficultés d’approvisionnement (ils sont 73 %). Des difficultés qui affectent l’activité de 63 % des TPE/PME, et pour 18 % d’entre elles de manière « sévère ».

Or, d’après les enquêtes de la Banque de France, ces difficultés en termes d’approvisionnement repartiraient à la hausse début 2022 après un tassement fin 2021. Des problèmes qui peuvent également freiner l’investissement des entreprises alors que 59 % des dirigeants comptent investir cette année. Autre conséquence, les dirigeants rencontrant des difficultés d’approvisionnement sont plus nombreux à prévoir une hausse de leur prix de vente cette année (67 %).

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Trois TPE/PME sur cinq prévoient d’augmenter leurs prix de vente

Au total, ce sont 58 % des dirigeants interrogés début février qui comptent augmenter leurs prix de vente cette année, dont un quart de plus de 5 %. 88 % estiment que la hausse sera plus importante qu’avant crise (par rapport à la moyenne des trois années précédant la crise). Au total, en incluant les dirigeants ne prévoyant pas de hausse de prix, les prix de vente des TPE/PME augmenteraient de 3,8 % en moyenne en 2022.

Parmi les raisons qui poussent les 42 % restant à ne pas augmenter leurs prix, la stratégie vis-à-vis de la concurrence (34 %), la pression des donneurs d’ordre (41 %), le souhait de gagner des parts de marché (34 %) ou tout simplement l’impossibilité, avec des prix négociés dans le cadre de contrats pluriannuels non révisables (19 %). Si les hausses de prix anticipées surcompensent les hausses de salaires prévues, en moyenne plus d’un tiers des dirigeants anticipe une dégradation de leur marge nette en 2022, contre 18 % une amélioration.

Enfin, les coûts et les prix trop élevés pèsent sur la trésorerie des entreprises. Ainsi, les opinions sur la trésorerie se sont dégradées ces trois derniers mois avec 27 % des patrons qui font ainsi état d’une détérioration, contre 21 % au dernier trimestre 2021.

[*] Baromètre trimestriel Rexecode-BpiFrance Le lab de février 2022 trésorerie, investissement et croissance des TPE/PME. Interrogation par voie numérique de 2 203 dirigeants de PME/TPE du 31 janvier au 9 février 2022.

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Charlotte de Saintignon

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