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Secteur HCR : le gouvernement déploie un plan de relance « massif »

Pour soutenir les entreprises et les salariés des secteurs hôtellerie, cafés, restauration (HCR), et plus généralement du tourisme et de l’événementiel culturel et sportif, l’Etat a lancé un plan de relance le 14 mai dernier. Le point sur les mesures annoncées en attendant la réouverture des secteurs qui se dessine autour du 2 juin dans les départements verts.

Secteur HCR : le gouvernement déploie un plan de relance « massif »
Le 14 mai dernier, le Premier ministre Edouard Philippe a annoncé un plan « massif » de soutien à ses acteurs, représentant « pour les finances publiques un engagement de 18 milliards d'euros ». © Adobe Stock

« Depuis deux mois nous sommes le secteur le plus durement touché par la crise et l’État en a pris conscience, se félicite Jean-Virgile Crance, président du groupement national des chaînes hôtelières (GNC). Néanmoins nous serons attentifs à ce que le soutien du Comité interministériel du tourisme se fasse dans la durée et que le gouvernement adapte les dispositifs. » Particulièrement ébranlé par la crise du Covid-19, le secteur HCR doit se relancer pour l’été. Le 14 mai dernier, le Premier ministre Edouard Philippe a annoncé un plan « massif » de soutien représentant « pour les finances publiques un engagement de 18 milliards d’euros ».

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Possibilité de recours à l’activité partielle jusqu’à fin septembre

La principale revendication du secteur HCR a été entendue. Le recours à l’activité partielle pour les hôtels, cafés, restaurants, et les entreprises du secteur du tourisme et de l’événementiel culturel et sportif est possible dans les mêmes conditions qu’aujourd’hui après la reprise de l’activité jusqu’à la fin du mois de septembre.

Au-delà, l’activité partielle leur restera ouverte si leur activité ne reprend que progressivement, dans des conditions qui doivent être revues. « Nous avions demandé que le dispositif soit prolongé jusqu’en mars 2021. Heureusement, le gouvernement l’a compris et dans les discussions que nous avons eues avec Bruno Lemaire ou Muriel Pénicaud, ils ont laissé la porte ouverte à un maintien a minima jusqu’au printemps prochain. D’autant que l’on sait que l’on ne pourra pas retrouver une activité normale avant 2022 », explique Jean-Virgile Crance.

En cause, la perte de la clientèle internationale, l’impossibilité de maîtriser le comportement des consommateurs qui risquent de changer leurs modes de consommation et l’obligation de faire face à des coûts supplémentaires liés aux nouvelles obligations sanitaires. Afin de simplifier et d’accélérer l’accès des entreprises de ces secteurs aux dispositifs publics de soutien, un guichet unique numérique est mis en place.

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Exonération de cotisations sociales et annulation de loyers

Parmi les mesures adoptées pour soutenir la trésorerie des entreprises, une exonération automatique de cotisations sociales pour les TPE/PME de ces secteurs pendant la période de fermeture ou de très faible activité, au moins de mars à juin, pour un montant estimé à 2,2 milliards d’euros.

« Celles-ci pourront être prolongées tant que durera la fermeture obligatoire des établissements », peut-on lire dans le dossier de presse du Comité interministériel du tourisme. « Il faut les poursuivre a minima sur toute l’année 2020. C’est vital pour nos entreprises d’avoir des économies nettes », indique Jean-Virgile Crance.

Toujours dans l’optique de baisser les charges des petites entreprises, les loyers et redevances d’occupation du domaine public dus aux bailleurs nationaux – État et opérateurs – seront annulés pour les TPE et PME pour la période de fermeture administrative. « En revanche, ce n’est pas le cas pour les petits bailleurs privés, regrette Jean-Virgile Crance. Heureusement, le fonds de solidarité tourisme peut permettre en partie de payer ces loyers ».

Le fonds de solidarité sera prolongé jusqu’à la fin de l’année 2020. Mis en place par l’État et les régions, il consiste en un prêt de trésorerie pour les TPE, indépendants, micro-entrepreneurs et professions libérales. Ses conditions d’accès vont été élargies aux entreprises jusqu’à 20 salariés et jusqu’à 2 millions d’euros de chiffres d’affaires. Au mois de mars, 191 357 entreprises du tourisme ont eu recours au premier volet du fonds de solidarité pour un montant total de 365 millions d’euros.

Enfin, si un collectif de restaurateurs emmené par Olivier Bertrand, patron du groupe Bertrand (Quick, Burger King, Hippopotamus, etc.) souhaitait abaisser la TVA à 5,5 %, il n’a finalement pas été entendu. Pour soutenir la demande, le gouvernement a préféré augmenter le plafond journalier des tickets restaurants de 19 € à 38 €.

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Mise en place du PGE « saison »

Les prêts garantis par l’État ont été massivement sollicités par les entreprises du tourisme, avec 6,2 milliards d’euros préaccordés à 62 500 entreprises du secteur HCR, soit 10 % des demandes. Un PGE « saison » sera mis en place : ses conditions seront plus favorables que le PGE classique avec un plafond plus élevé (aujourd’hui le prêt est plafonné à 25 % du chiffre d’affaires 2019, le plafond du « PGE saison » sera porté aux trois meilleurs mois de l’année 2019, eu égard à l’activité saisonnière de ces entreprises).

En parallèle, le prêt Tourisme proposé par Bpifrance sera renforcé pour atteindre un milliard d’euros. En tout, ce sont plus d’1,3 milliards d’euros qui seront investis en fonds propres par la Banque des Territoires et Bpifrance dans le secteur du tourisme. Les banques pourront accorder aux PME du secteur un report des échéances de crédit allant jusqu’à 12 mois (au lieu de 6 actuellement) en fonction des besoins évalués dans le cadre de la relation client.

Attention au mur de la dette

« On ne peut pas répondre à la crise que par de l’endettement, martèle Jean-Virgile Crance. Les dispositifs liés à l’emprunt et aux facilités de trésorerie n’aident que sur le court terme et ne font que fragiliser un peu plus nos entreprises en les endettant. D’autant que nos établissements, dont le niveau de rentabilité va baisser, manquent de visibilité sur leur activité à venir. Nombreux sont ceux qui ne savent pas s’ils retrouveront leur point mort. Notre attente est encore forte du côté des assureurs qui ne sont pas au rendez-vous pour ces entreprises qui subissent des pertes d’exploitation. »

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Charlotte de Saintignon

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