Question

Mensonge sur le CV : est-ce un motif de licenciement?

La réponse de la rédaction :

Le contexte :

Après avoir recruté notre directeur commercial, nous nous sommes aperçus qu’il avait menti sur son CV : il prétendait avoir exercé le même poste chez notre concurrent. Il n’en était rien en réalité. Pouvons-nous le licencier?

La réponse de la rédaction :

Les mensonges ou inexactitudes sur les CV sont devenus monnaie courante. La concurrence sur le marché de l’emploi pousse souvent les candidats à enjoliver leurs compétences ou à inventer une expérience fantaisiste : surestimation du niveau d’anglais, stage rallongé de quelques mois, diplôme inexistant, etc.
Quels que soient le niveau du candidat et le type de poste visé (employé ou cadre), tous les mensonges et omissions ne justifient pas un licenciement.
En principe, le candidat doit répondre de bonne foi aux demandes d’informations formulées par l’employeur lors du recrutement. Le mensonge et/ou l’inexactitude seront d’autant plus sanctionnés qu’elles portent sur des compétences nécessaires à l’exercice de l’emploi proposé et que leur absence bloque la poursuite du contrat de travail.
Pour autant, l’élément majeur qui justifie un licenciement demeure la volonté du candidat de tromper son employeur potentiel. Le postulant qui présente de fausses informations dans son CV alors qu’il sait que ces éléments sont déterminants dans la décision du recruteur, commet une faute grave qui justifie son licenciement une fois qu’il est intégré dans l’entreprise. Les tribunaux qualifient cette attitude de « manœuvre dolosive ». Tel sera le cas, par exemple, si un diplôme n’a pas été obtenu en réalité et qu’il était nécessaire voire indispensable à l’exercice des fonctions du salarié.
En revanche, la mention d’une expérience professionnelle seulement imprécise et susceptible d’une interprétation par l’employeur (sur sa durée par exemple) est insuffisante à obtenir la nullité du contrat de travail.
Vérifiez donc attentivement les informations de vos candidats au recrutement, en contactant les écoles, universités ou anciens employeurs dont la personne se prévaut. La jurisprudence a en effet reconnu la faute de l’employeur qui ne contrôle pas les qualifications lors de l’embauche.

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