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Les TPE recourent davantage aux contrats précaires

Malgré un léger recul, les TPE font toujours plus appel aux contrats à durée déterminée (CDD), au temps partiel et aux emplois aidés que les entreprises de 10 salariés ou plus, selon les derniers chiffres de la Dares.

Les TPE recourent davantage aux contrats précaires
Malgré une tendance à la baisse depuis 2013, le temps partiel demeure davantage plébiscité par les TPE en 2018 (27,5 % contre 28,9 % en 2017).

En 2018, près de la moitié des salariés des TPE ont un emploi plus ou moins précaire (47,2 %) – CDD, temps partiel et/ou emplois aidés –, selon les derniers résultats de la Dares sur l’emploi dans les TPE de moins de 10 salariés publiés le 6 février. C’est moins qu’en 2017 mais toujours plus que les entreprises de 10 salariés ou plus. Les TPE comptent en moyenne 3 employés et regroupent 19 % de l’emploi salarié du secteur privé (hors agriculture), soit 3,3 millions de salariés (hors intérimaires et stagiaires). Plus des trois quarts travaillent dans le tertiaire, le dernier quart officiant dans les secteurs de la construction et de l’industrie. 38 % sont employés dans une entreprise de l’artisanat.

Contrats précaires : un recours au temps partiel plus fréquent

Malgré une tendance à la baisse depuis 2013, le temps partiel demeure plébiscité par les TPE en 2018 (27,5 % contre 28,9 % en 2017). Surtout dans les activités de l’enseignement privé, la santé et l’action sociale (52 %) et les plus petites structures (42,7 % dans les entreprises « mono-salarié »). Une proportion encore bien supérieure à celle des entreprises de 10 salariés ou plus (17,6 %).

Les femmes s’avèrent deux fois et demie plus à temps partiel que les hommes (40,6 % contre 15 %). Si l’écart est encore plus important dans la construction et l’industrie, il reste meilleur que celui qui sévit dans l’ensemble de l’économie (29,8 % contre 7,9 %). À cet égard, question parité, les TPE n’ont pas à rougir : 48,6 % des salariés TPE sont des femmes contre 44 % pour l’ensemble du secteur privé.

Contrats précaires : des contrats courts toujours aussi nombreux

Après un net repli avant la crise de 2008 et un net regain après, le recours aux contrats courts se stabilise depuis 2015. En 2018, près de 440 000 salariés des TPE, soit 13,2 %, sont en CDD. Une proportion toujours plus élevée que celle en vigueur dans les entreprises de taille supérieure. « À titre de comparaison, dans les entreprises de 10 à 19 salariés, 9,9 % des salariés sont en CDD au 31 décembre 2018. Fin 2018, 24,3 % des TPE – soit plus de 280 000 entreprises – emploient des salariés en CDD », notent les statisticiens du ministère.

Côté secteurs, le recours aux CDD est plus fréquent dans les arts, spectacles et autres activités de services (20,2 %) et l’industrie (14,9 %) que dans la construction, le tertiaire ou les activités financières et d’assurance (5,1 %). À noter, près de la moitié des salariés en CDD occupent un emploi aidé. La part de salariés en CDD, hors emplois aidés, tombe à 7,1 % fin 2018.

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14 % des TPE recourent aux emplois aidés

En 2018, 6,5 % des salariés de TPE bénéficient d’un emploi aidé (alternance, professionnalisation, CUI/PEC, etc.) contre 8,5 % en 2013. « Ce recul s’explique notamment par la suppression des contrats de génération en 2017 et des emplois d’avenir en 2018 », indiquent les auteurs. 163 000 entreprises les emploient, soit 14 % des TPE. La majorité d’entre elles ne compte qu’un salarié aidé.

En réalité, les emplois aidés se traduisent principalement par des contrats d’apprentissage ou de professionnalisation (88,6 %). Les secteurs les plus intéressés sont la restauration, la construction et les arts, spectacles et activités récréatives. L’industrie et la construction recourent davantage à l’apprentissage, le tertiaire davantage aux contrats de professionnalisation.

Matthieu Barry

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