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NAO 2023 : les entreprises ont lâché du lest sur les salaires

En moyenne, les entreprises ont octroyé 4,6 % d’augmentation dans le cadre des négociations annuelles obligatoires (NAO) en 2023, contre 2,9 % en 2022, selon une enquête du groupe Alpha. En outre, un peu plus d'un tiers d’entre elles ont distribué une prime de partage de la valeur pour un montant moyen de 1 280 €.

NAO 2023 : les entreprises ont lâché du lest sur les salaires
Les augmentations individuelles ont été plus fréquemment versées aux non-cadres en 2023 qu’en 2022. © Getty Images

Alors que la plupart des négociations annuelles obligatoires (NAO) sont bouclées ou en passe de l’être, les budgets d’augmentations générales (incluant les hausses collectives et individuelles) sont en progression, cette année. En moyenne, les entreprises ont octroyé 4,6 % en 2023, toutes catégories socio-professionnelles confondues, contre 2,9 % en 2022, selon une enquête du Centre d’études & data du groupe Alpha, dévoilée le 16 février. Soit une augmentation de 1,7 point par rapport à l’année dernière.

Aucune entreprise n’a versé une augmentation inférieure à 2 % qui est l’augmentation plancher pour 2023. Les budgets restent toutefois inférieurs à l’inflation. L’étude s’appuie sur un panel de 200 accords d’entreprises qui couvrent environ 220 000 salariés. Ils sont représentatifs des 800 accords NAO signés en janvier dernier et conclus dans 13 secteurs d’activité.

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Rester attractifs

L’inflation inédite conjuguée à une tension sur le marché du travail a contraint les DRH à revoir leurs politiques de rémunération. Ils ont dû faire des efforts pour rester attractifs face à la difficulté de recruter et à la nécessité de fidéliser les salariés.

Certains ont également cherché « à compenser le gel des salaires durant la pandémie et récompenser l’investissement des salariés », constate Alice Rustique, chargée d’études au Centre d’études & data (CDE) du groupe Alpha. Plusieurs entreprises avaient en effet, connu une année blanche, en 2021, en termes d’augmentation de salaire.

Le retour des AG…

Fait inédit : 2023 marque le retour des augmentations générales (AG) avec un taux moyen de 4 %. Elles dépassent le niveau des augmentations individuelles (AI) et concernent toutes les strates des organigrammes, cols blancs et cols bleus.

Ainsi, alors qu’en 2022, 46,9 % des entreprises accordaient des AG à leurs cadres, elles sont 62,5 % à en octroyer cette année.

… Mais des AI pour les cols bleus

Mais à l’inverse, les augmentations individuelles (AI) ont été plus fréquemment versées aux non-cadres en 2023 qu’en 2022. La part des entreprises accordant une augmentation individuelle aux ouvriers et employés est ainsi passée de 39 % en 2022 à 49 % en 2023. « Une tendance qui confirme l’individualisation des salaires pour mieux récompenser la performance et flexibiliser les pratiques d’augmentation salariale, y compris pour cette catégorie », observe Alice Rustique. Cette quote-part reste toutefois plus élevée pour les cols blancs.

En résumé, les budgets sont davantage mixtes cette année. 17 % des accords étudiés prévoient une augmentation médiane minimum de 103 euros en vue de « protéger les bas salaires ». En 2022, seules 13 % des sociétés avaient fixé un montant plancher d’un montant de 51 €.

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Des disparités existent

Dans le détail, toutefois, des disparités existent. Par secteur tout d’abord. Les augmentations les plus fortes se situent dans les transports, l’énergie-chimie, la construction et la métallurgie. A contrario, les secteurs de la presse, de la santé/économie sociale et de l’agro-alimentaire sont moins généreux.

Par catégorie socio-professionnelle, ensuite. Les budgets d’augmentations globales sont de 4,8 % pour les ouvriers/employés ; de 4,6 % pour les techniciens/agents de maîtrise et de 4,4 % pour les cadres.

Les enveloppes minimales sont, quant à elles, à 1 % pour les cadres tandis qu’elles sont mieux dotées pour les TAM (1,5 %) et les ouvriers/employés (2 %). Les budgets maximum s’élèvent à 8 % pour les ouvriers/ employés et à 7 % pour les autres catégories.

Pour Alice Rustique, les « entreprises protègent les bas salaires de l’inflation en versant davantage aux non-cadres ».

La PPV ne s’est pas substituée à des augmentations salariales

S’agissant de la prime de partage de la valeur, 37,5 % des accords prévoient en moyenne un coup de pouce d’un montant de 1 280 €, correspondant le plus souvent à un mois de salaire brut. À noter, toutefois, là encore des disparités selon les secteurs d’activité. Dans l’énergie-chimie, le montant moyen s’élève à 2 112 € quand la métallurgie verse 732 €. Entre ces deux tendances, la construction a attribué 1 680 €, mais seules 23 % d’entreprises du secteur ont activé ce levier de rémunération, contre 53 % pour l’énergie-chimie et un tiers des sociétés de la métallurgie.

Selon le groupe Alpha, dans les 200 accords étudiés, le montant (et la fréquence) de la prime de partage de la valeur n’est pas corrélé au niveau des augmentations de salaires versées.

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Anne Bariet

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