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L’économie numérique ou l’impact de nouveaux phénomènes sur la société


Les quatre phénomènes majeurs de la nouvelle économie, parmi lesquels les places de marché électroniques, les métiers de la connaissance, et les prestations de locations de logiciels, ont une influence certaine sur la nouvelle économie. En effet, ils représentent les bases fondamentales de l’économie de demain.

Ainsi, les places de marché électroniques sont à l’origine d’une construction commerciale installée sur les réseaux afin de développer les relations entre professionnels.

Aujourd’hui, elles représentent un salon permanent où des fournisseurs vendeurs exposent leur catalogue de biens et de services, et où les entreprises clientes vont passer leurs commandes en temps utile, et éventuellement de manière groupée. Si autrefois, seul le milieu automobile était concerné, aujourd’hui il en est autrement, puisque tous les types d’activités économiques peuvent être visés. Dans tous les cas, l’objectif est de rendre plus rapide et ordonnée les relations des clients avec leurs fournisseurs, ainsi que d’améliorer la productivité, réduire les coûts et les délais, simplifier et optimiser les relations, mutualiser les ressources, améliorer l’accès aux informations …

Par rapport aux sites web, ces structures sont gérées par des entités indépendantes des acheteurs et des vendeurs. Leur implication dans le processus d’échange pouvant être variable. On distingue les places de marché horizontales des places de marché verticales. Les premières proposent des produits et services demandés par l’ensemble des entreprises, indépendamment de leur secteur d’activité. Cela peut aller de fournitures de bureau ou de matériels informatiques à des services comptables, financiers, de location de voitures… Les produits et services concernés ne sont pas stratégiques : ils n’entrent pas dans la production.

Quant aux places de marché verticales, elles regroupent des entreprises d’un même secteur ou d’une même activité économique. Les produits visés ici sont stratégiques : ils sont au cœur de l’activité de chaque participant. Notons que les places de marché se distinguent des portails, autre construction du commerce électronique. Ceux-ci consistent en un ensemble de sites faisant l’objet d’une gestion commune et regroupant diverses activités commerciales afin que le client ait le sentiment, quand il entre dans le portail, d’être dans une véritable galerie marchande. A partir d’une seule entrée, il y a plusieurs services mis à la disposition du public.

Ainsi, les places de marché représentent un nouveau système technique, et ont un fort impact sur les systèmes d’information des entreprises, mais aussi sur les relations interentreprises.

En outre, les métiers liés à la production et à la recherche d’information sur Internet sont, après les places de marchés virtuels et le commerce électronique, la troisième composante du mode de production de la Net économie. Ces métiers relèvent à la fois du savoir-faire de la documentation, du journalisme d’investigation et de la communication.

En effet, le métier de webmaster, informaticien fabricant de portails d’information, s’est développé lorsque des sociétés de services spécialistes d’Internet ont vendu des prestations à la fois de conception de sites d’information et de production de contenus. Ces métiers de producteurs de services et d’informations sur Internet se sont divisés en deux catégories : la première qui regroupait les fabricants de site web d’accès aux connaissances, est vite devenue un métier d’informaticien classique, car les informaticiens se sont appropriés, au fur et à mesure de leur apparition, les technologies d’Internet telles que le protocole IP (Internet Protocol ou protocole contribuant à l’acheminement des données dans un réseau Internet), les interfaces web, le langage XML…

Quant à la seconde catégorie de métiers de producteurs de services et d’informations sur Internet, elle rassemble les producteurs de connaissances, et a donné naissance à la profession des intermédiaires de l’information, ou infomédiaires, qui a créé ses propres codes et valeurs. Les informaticiens spécialistes de réseaux et les sociétés de services du web ou web agency s’ajoutent. Le but de la et économie étant d’être aussi, au niveau des métiers, un mode de production d’optimisation.

Enfin, l’utilisation des technologies du Net modifie le comportement d’un nombre de plus en plus croissant d’acteurs économiques. Il a d’abord créé, en tant que nouvel espace marchand, les places de marché électroniques donnant une autre dimension à la mondialisation. Les frontières entre pays disparaissent au profit d’un nouveau découpage économique mondial en filières, marqué par de nouvelles frontières virtuelles.

La généralisation du commerce électronique a transformé si fortement les habitudes d’achat et de vente des entreprises qu’elles ont dû repenser leur organisation. Devenue dominante, la logique des réseaux a engendré de nouvelles façons d’utiliser les informations. On peut parler de logique d’usage ou nouveau mode de consommation tendant à transformer la chaîne de valeur ajoutée des produits et s’appliquant aux marchandises immatérielles. Corollaire de la société de l’information, cette logique d’usage s’étendant à l’économie des biens matériels, vise aussi l’association service/produit.

Notons que la logique d’usage est née de la facilité d’utilisation des réseaux informatiques. Qu’il s’agisse de logiciels, de musique, ou d’informations économiques, les industries de production de contenus créent des produits qui ne prennent plus une forme matérielle précise pour se transformer en marchandises. Les réseaux, et l’Internet en particulier, offrent la possibilité de télécharger, pratiquement gratuitement, des logiciels ou de la musique sur un ordinateur. L’inutilité du support matériel des biens immatériels montre que leur valeur ne réside pas dans leur présentation matérielle. De plus, le téléchargement est un moyen efficace de fidéliser les clients ; il introduit également de nouveaux rapports entre les utilisateurs et les fournisseurs d’informatique.

Cependant, cette économie de l’immatériel et son corollaire, la logique d’usage, n’ont vraiment démarré qu’avec la banalisation du Net. La location de logiciels d’application ou A.S.P. (Application Service Provider) l’illustre : elle a modifié les habitudes de consommation en séparant les notions de propriété et d’utilisation.

Moyen de distribution des biens immatériels et nouveau canal de vente pour les biens matériels, les réseaux informatiques utilisant les technologies Internet ont inventé de nouveaux usages. Les quatre composantes du mode de production de la Net économie se retrouvent donc au travers de ces nouveaux usages ; elles se sont associées pour construire un modèle économique cohérent.

Nés du renforcement de la logique de marché, les réseaux d’affaires (organisations se mettant en place autour du e-commerce avec pour but de diminuer les frais d’administration liés à la vente et à l’achat de produits ou de services) ont pris une importance grandissante en se matérialisant sur Internet, tandis que la baisse des coûts des transactions, jusqu’à leur gratuité, a permis à cette logique des réseaux de diffuser dans de nombreuses entreprises la stratégie commerciale de l’abonnement (l’abonné remplace le client, et la richesse des entreprises se mesure en fonction du nombre d’abonnés : on peut parler « d’ économie de l’audience ». Ces stratégies sont devenues courantes pour les entreprises de la Net économie.

Tout cela s’applique aussi bien aux non-spécialistes qui souhaiteraient, dans un avenir plus ou moins proche, mettre en œuvre les échanges marchands via Internet, que les relations entre les intervenants et les prestataires spécialisés dans le commerce électronique, c’est-à-dire aux professionnels dudit domaine. L’impact que cela implique ne devant pas être ignoré.

L’importance du e-commerce dans la société de l’information, et dans la société en général est alors indéniable.
A cet effet, l’e-business représente désormais le futur de l’économie : il se défini justement comme la mise en œuvre des technologies pour transformer l’entreprise, tant au niveau de l’Internet qu’avec ses partenaires, ses clients et ses fournisseurs. Quant au commerce électronique, il est l’une des facettes de l’e-business, mais n’est évidemment pas la seule.
Car, souvent, il y a des confusions en la matière, des ambiguïtés. Le doute ne semble pas permis, même s’il demeure.

Les places de marché électroniques, le commerce électronique, les métiers de la connaissance, et enfin, l’apparition des prestations de locations de logiciels, autrement dit, la « logique d’usage » débouchent par voie de conséquence logique, sur la nécessité d’effectuer un bilan global et inévitable, comme si cela eût été impossible qu’il en soit autrement.

L’Internet commercial ainsi que les enjeux économiques et sociaux sont essentiels : les acteurs du marché, leur rôle, les atouts du commerce électronique pour la France mais aussi pour les autres pays comptent.

Il faut donner un éclairage concis sur toutes les composantes de la nouvelle économie, sans omettre d’en traiter les dimensions informationnelle, humaine et sociale. On est complet si l’on considère tout cela.
Les nouvelles technologies, en particulier l’Internet, ont des effets bénéfiques sur la productivité d’une entreprise de la Net économie. Cette théorie est valable que l’entreprise en question revêt la forme d’une entreprise traditionnelle ou brick and mortar, qu’elle soit une entreprise traditionnelle ayant fait une mutation vers l’Internet et combinant le réel et le virtuel ou click and mortar, ou enfin qu’elle soit une « pure » société Internet, c’est-à-dire une dot.com. Dans tous les cas, il y a proportionnalité entre la performance des entreprises et ladite productivité.

Pour d’autres activités où il s’agit de rechercher, collecter, enrichir, partager et faire circuler de l’information, les bénéfices tirés d’Internet et des technologies de l’information et de la communication constituent un facteur plus déterminant qu’il faut absolument considérer. L’intérêt de la Net économie est notamment d’envisager cet aspect sous les angles économique, financier et de politique d’entreprise.

Enfin, il faut insister sur l’importance de la mutation économique, sociale et politique créée par le développement des réseaux numériques. Dans l’âge de l’accès, nous passons du territoire au cyberspace, des marchés aux réseaux, de la propriété à l’accès, et de la vente de biens à la vente de temps.
Ainsi, la mise en réseau aurait déplacé les mécanismes de création de richesses et transformer les sources de richesses.

Par conséquent, au-delà de l’information et de ses objets immatériels, les véritables ressorts économiques ou plus exactement de la nouvelle économie, deviendraient les capacités de mise en relation, le temps et l’expérience des hommes, ainsi que les services que l’on peut apporter. La possession physique exclusive d’actifs n’est plus utile et performante, car engendre des coûts d’acquisition et de sauvegarde. Ce qui compte surtout est de pouvoir y accéder quand cela est nécessaire.

L’apport majeur de la Net économie est son importance et son impact sur la société actuelle. De plus, le rôle ainsi que les modalités de la Net économie dans le nouveau contexte numérique se délimitent clairement. Les nouveaux modèles économiques de l’Internet sont désormais fondés sur l’accès et la rémunération indirecte. Le cyberspace est le prolongement du monde physique, et il n’ y a plus de cloisonnement entre le monde réel et le monde virtuel. Malgré cela, il manque à notre société un véritable droit de l’information définissant le statut juridique des ressources immatérielles, et unifiant les normes applicables aux activités d’information et de communication.

Ce point précis mérite une attention particulière, en particulier pour les places de marché électroniques et l’e-commerce. Car, la révolution technologique s’accompagne également d’une évolution économique et juridique qu’il ne faut pas oublier de considérer. En effet, il n’est pas concevable de traiter d’un sujet tel que la nouvelle économie sans en considérer les probables conséquences juridiques. Dès lors qu’une situation change dans son ensemble, il est évident que son régime juridique en fera de même. L’un ne va pas sans l’autre ; les deux aspects doivent être envisagés, au risque de fausser l’analyse toute entière d’un thème tel que celui de la Net économie.

Ce qui mérite surtout d’être noté c’est le défi de traiter un sujet aussi actuel et aussi fluctuant que l’économie numérique. La tâche n’est pas évidente -elle est plutôt difficile- même pour un économiste averti en la matière, en particulier à notre époque où un bon nombre de start-up et de sociétés en tous genres n’arrivent pas à suivre le rythme irrégulier de l’économie, en raison de la conjoncture instable.

Tenter de répondre à ce défi est justement un apport, qui est devenu un véritable enjeu dans notre société des réseaux.


(Septembre 2006)
Véronique COHEN
redaction@netpme.fr

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